Personnes atypiques. Qu’est-ce que la douance ? Si ce n’était pas ce que vous pensiez ?

Nous allons aborder un sujet qui dérange. Cela n’a rien à voir avec la manipulation, c’est un sujet qui met mal à l’aise à peu près tout le monde, personne ne sait comment en parler. C'est un sujet tabou.

Cela s’adresse à trois types de personnes différentes :

Celles qui sont concernées et qui en ont conscience (encore qu'elles ne risquent pas apprendre énormément de choses ici), celles qui sont concernées mais qui l’ignorent et enfin celles qui ne sont pas concernées personnellement mais qui ont besoin de ces informations afin de pouvoir comprendre un peu le fonctionnement des personnes concernées.

Il s’agit d’un sujet extrêmement sérieux (validé par les neurosciences comme on le verra) et important. Cela touche directement la vie sociale et professionnelle de plus d’un million de personnes (en France) qui sont « différentes » de la norme et qui, très souvent, en souffrent sans savoir pourquoi.

(Il y aurait aussi une partie qui n’en souffre pas, mais nul ne sait combien ils sont, de même qu’il est impossible de savoir s’ils n’en souffrent vraiment pas, puisqu’ils ne consultent pas de psychologues et donc qu’il est impossible de savoir ce qu’ils sont, ce qu’ils font, comment ils ont réglé les problèmes d’adaptation et d’intégration à la société. Donc, je ne parlerai pas vraiment de ceux-là dont on ne sait à peu près rien. On suppose qu’ils existent et qu’ils sont nombreux par constat statistique basé sur la théorie, tout simplement.)

Je m’attaque donc aux mythes qui entourent les personnes atypiques, les personnes dites « surdouées ».

Avant de fermer la page en vous exclamant que cela n’existe pas, qu’ils n’ont pas à se plaindre ces gens-là, ou je ne sais quelle autre raison, demandez-vous un instant… Et si ce n'était pas ce que vous pensiez ? Si la vision stéréotypée qu'on se fait de ces personnes n'était pas valable en fin de compte ? Comment savoir si vous pouvez être concernés de près ou de loin par ce sujet à propos duquel très peu de gens sont informés ?

 

Cela ne concerne pas chaque famille, ni chaque famille de la même façon. A peu près tous les cas existent :

 -Un des parents l’est mais aucun des enfants.

– Aucun des parents ne l’est mais un ou plusieurs enfants le sont (plus souvent c’est l’aîné, mais ça arrive aussi que ce soit le cadet par exemple)

– Lorsque les deux parents le sont, généralement les enfants le sont aussi.

– Personne n’est concerné dans la famille proche.

Bref, tous les cas sont possibles et on ne sait toujours pas quelle est la cause réelle. On sait que la testostérone à partir de la 20e semaine de grossesse a une influence sur les hémisphères du cerveau (l’hémisphère droit qui se développe davantage que le gauche dans un tel cas), mais cela ne suffit pas à tout expliquer. Et comme on retrouve des personnes concernées dans tous les milieux, on sait que ce n’est pas un facteur environnemental ou social, mais que cela doit être génétique ou au moins une prédisposition génétique qui est transmise. (D’où le fait que lorsque deux parents le sont, leurs enfants ont une assez grande probabilité de l’être. Dans les autres cas, c’est la loterie de la génétique.)

Mais en sachant qu’il s’agit de plus d’un million de personnes en France, il est donc possible qu’un membre de votre fratrie, qu'un de vos parents, enfin qu’un membre de votre famille ou que plusieurs même soient concernés. De même pour un de vos amis, une de vos connaissances…

Il s’agirait en moyenne d’une personne sur cinquante. Statistiquement encore une fois, s’il y a un cas dans une famille, il est très probable qu’il y en ait d’autres, même s’ils ne sont pas détectés parce qu’ils ne correspondraient pas à l’image que nous nous faisons des « surdoués ».

 

Cela va être un article assez long et pourtant je ne vais pas pouvoir parler de tout et je m’excuse pour toutes les choses que je vais laisser de côté. Disons que cet article a pour but d’introduire le sujet, de le faire connaître.

Je vais parler du choix du terme, pourquoi aucun ne convient vraiment. De certains préjugés, expliquer en quoi ils sont inexacts. Les tests de QI, leurs limites, pourquoi il ne faut pas simplement se fier à un chiffre. Les différences physiologiques dans le cerveau puis enfin les implications que cela a. Implications comportementales mais aussi sociales.

J’espère en tout cas que cela vous intéressera. Que cela aidera les gens qui ne le sont pas à mieux comprendre ceux qui le sont ; pour ceux qui le sont et qui n’auraient pas fait de recherches à trouver des pistes de réflexion pour mieux se comprendre, comprendre leur différence avec les autres. Voire qui sait, à ce que certains qui s’ignorent puissent ainsi commencer à se questionner sur le fait qu’ils puissent l’être !

Passons maintenant à l’article en lui-même.

 

Le choix du terme

Dès la dénomination, nous nous confrontons à un mur. C’est un terme lourd à énoncer, encore plus lourd à porter pour les personnes concernées ou pour leurs proches. (Du moins dans le cas où cela a été dit, qu’il y a eu un « coming-out », ce qui est toutefois assez rare, c’est plutôt quelque chose que ces gens ont tendance à cacher, à garder secret à cause des mauvaises réactions des gens suite aux innombrables préjugés qui entourent ce vaste sujet.)

Bref, personne n’a envie d’être identifié à ce terme qui renvoie à quelque chose qui est détesté du reste de la population, qui a une connotation si négative…

 

A partir de là, comme personne ne sait vraiment comment les appeler et comme les termes dérangent, de nombreuses appellations existent. Je vais lister les principales, du moins celles qu’on entend le plus souvent, en disant ce qui dérange dans chacune.

 

  • Surdoué : Cela renvoie à une certaine supériorité, il y a « sur » dedans, ce qui sous-entend « plus doué que les doués ». Son principal problème est sans doute avec les enfants. Quand un parent entend que son enfant est « surdoué », il s’attend à ce qu’il soit vraiment très doué en quelque chose, cela peut-être la source de nombreux conflits. Mais pourtant, il définit le fait que ce sont des gens différents et tout le monde le comprend. Il s’agit de l’utiliser simplement pour ce qu’il est, pour exprimer une simple différence. Mais attention, il ne doit jamais être utilisé pour se sentir supérieur, ni dénigrer les autres ! C’est un terme qui décrit une différence je le rappelle, rien de plus. Comprenez donc que je l’emploierai toujours dans ce sens.

 

  • Précoce : Cela signifie une « avance » sur les autres. Pour les enfants, cela peut être valable, il a été observé grâce aux neurosciences que le cerveau d’un surdoué se développait de façon différente durant la croissance. Le gros problème de ce terme est que s’il y a précocité, il y a une finalité à atteindre et ce but, c’est être adulte. Autrement dit, cela sous-entend qu’une fois adulte, ces gens se retrouvent dans la norme, ce qui est faux. Ils seront différents toute leur vie et nier leur différence leur causera de nombreux problèmes comme nous le verrons plus loin dans l’article.

 

  • Haut potentiel (intellectuel), ou HP (HPI) : C’est un terme qui renvoie à quelque chose d’attendu, quelque chose à réaliser. En somme, ces gens doivent faire quelque chose de leur potentiel « élevé ». Cela leur met la pression. D’un point de vue psychologique, je ne trouve pas cela forcément approprié. Le but n’est pas de faire culpabiliser quelqu’un parce qu’il ne ferait pas quelque chose de « brillant » avec son « potentiel ». (De plus, HP dans la tête de nombreuses personnes signifie « hôpital psychiatrique ». Certes, d’après ce qu’on trouve sur internet, il y aurait bon nombre de personnes hospitalisées qui seraient surdouées — mal diagnostiquées, j’y reviendrai plus loin aussi —, ce n’est pas une raison pour leur donner le même cigle. Ils sont normaux dans leur différence.)

 

  • Zèbre : Terme inventé par Jeanne Siaud-Facchin, une psychologue spécialisée en douance. C’est un animal atypique de la savane. Il est différent des autres tout en étant pareil. Le zèbre est le seul équidé non domesticable. Ses rayures sont uniques à chaque individu, de même que vous ne trouverez jamais deux surdoués qui présentent exactement les mêmes caractéristiques. Son principal problème est qu’on ne sait pas de quoi on parle, du moins les gens ne connaissant pas le sujet ne sauront pas de quoi il s’agit.

 

 

L’éducation nationale a retenu la « précocité intellectuelle », niant au passage toute la composante émotionnelle de cette différence et supposant que cela se terminera à la fin des études, laissant souvent ces adultes en errance plus tard dans leur vie. Et ces temps-ci, dans certains groupes de « surdoués », on voit HP qui est à la « mode ».

A partir de là, j’utiliserai surtout le terme de surdoué, car plus on utilise un terme, moins il dérange. Quelques fois j’utiliserai zèbre aussi. Je ne sais jamais lequel utiliser, c’est surtout en fonction des personnes à qui je m’adresse et dans un article, il m’a fallu faire un choix, j’espère qu’on ne m’en tiendra pas rigueur.

 

Les préjugés, le mythe du petit génie qui réussit tout.

Avant de découvrir ce sujet, en fait j’avais à peu près la même idée du sujet que tout le monde je pense. Lorsqu’on me parlait d’un surdoué, je m’imaginais un petit génie, à l’allure « intello ». Le genre d’enfant qui a son bac (avec mention) avec de nombreuses années d’avance.

Faux !

Déjà, il y a un tiers des surdoués qui sont en état d’échec scolaire et qui ne vont même pas jusqu’au bac.

Ensuite, à nouveau un gros tiers qui s’arrête au niveau bac.

Et enfin même pas un tiers qui poursuivent des études supérieures. Ce serait de l’ordre de 30% seulement des surdoués qui continueraient après le bac ou dit autrement, 70% qui ne vont pas plus loin que le bac.

Déjà, vous aurez compris que surdoué n’est pas égal à réussite scolaire.

 

Mais alors pourquoi un tel paradoxe puisqu’on s’imagine que ce sont des gens qui ont des facilités énormes ? Et bien tout simplement car le système ne leur est pas du tout adapté.

On pourrait reprendre cette image à ce sujet :

Tout dans la société est prévu pour les gens « normaux » (ce n’est pas péjoratif bien évidemment, mais je ne sais pas comment le dire autrement, bien que les surdoués soient aussi des gens normaux dans leur différence !)

C'est pourquoi ceux qui réussissent le mieux sont les gens plus « intelligents » que la moyenne mais qui ne sont pas surdoués. Ceux pour qui le système est adapté, qui ne seront pas trop décalés et donc qui pourront profiter de leurs facilités sans risque d'aller trop loin, de s'écarter de ce qui est demandé.

La métaphore du « vilain petit canard » est souvent utilisée pour décrire les surdoués. Imaginez être un cygne dans un monde de canards. Vous aurez beau être un magnifique cygne, du point de vue d’un canard, vous serez toujours « moche » pour un canard. Par contre, une fois que vous vous savez cygne, cela change tout. (En tout cas, de toutes les personnes qui se sont découvertes surdouées à l’âge adulte, les résultats d’une telle découverte ont toujours été bénéfiques. Il n’y a pas d’âge pour enfin savoir qui on est. Car cela fait partie de la personnalité.)

Toutefois, se savoir cygne ne change rien au fait de vivre dans un monde de canards, fait par les canards, pour les canards !

 

Ainsi à l’école, il y a la primaire où la plupart des surdoués vont réussir sans trop de difficultés, ils sont souvent premiers même (même si certains seront déjà en échec, mais ils sont peu nombreux à ce stade). La primaire consiste à apprendre des choses simples, il est possible de prendre des raccourcis. Il n’y a pas besoin de méthode de travail pour réussir. Et c’est précisément sur ce point que la majorité des surdoués vont échouer par la suite. Pour l’enfant surdoué, comprendre c’est savoir.

Or à partir du collège, il faut pratiquer, mettre en place une méthode et l’appliquer. Et là, après des années à lire un écrit une fois pour le connaître, c’est le drame. Ils se retrouvent à être incapables d’appliquer la méthode, tout simplement car ils n'ont jamais appris la dite méthode !

En maths, ils sautent les étapes souvent, ils ont la réponse, mais ont sauté les étapes intermédiaires, ce qui est leur fonctionnement normal, les réponses leur apparaissent intuitivement. De ce fait, lorsqu'on va leur demander comment ils ont obtenu le résultat, ils vont répondre qu’ils ne savent pas, même si le résultat est juste ! (On retrouve cela aussi en primaire évidemment. Mais le drame se produit en général au collège ou vers le début du lycée où il y a le choc de l’absence de méthode.)

Cela leur sera reproché, ils seront critiqués, traités comme étant de mauvaise foi alors que eux sont parfaitement honnêtes. Et c’est déjà là une énorme source de culpabilité. Ils sont en échecs, incapables de produire ce qui leur est demandé. Ils vont déjà commencer à se sentir « nuls ».

Bien évidemment, certains auront acquis une méthode de travail et s’en sortiront très bien, ce sont ceux qui vont poursuivre des études supérieures généralement. (A noter qu’il n’est pas rare de voir des personnes « diagnostiquées » surdouées à l’âge adulte reprendre leurs études.)

 

Autrement en règle générale, les gens pensent que « surdoué », c’est être « mieux ». Non seulement, c’est bien évidemment faux, la valeur d’une personne ne réside pas sur ce point, mais cela a de nombreuses conséquences comportementales envers le surdoué. Une personne qui apparait mieux que soi dérange. Cela amène les autres à voir le moins pour protéger l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes.

Du coup, imaginons si quelqu’un demande à un surdoué de faire quelque chose, il pourra le faire bien, l’autre personne aura tendance à renvoyer une certaine animosité, quelque chose de négatif, bien souvent inconsciemment d’ailleurs. Et ça, si le surdoué n’a pas conscience de l’être, c’est extrêmement dommageable car il ne peut pas comprendre pourquoi. Lui a fait de son mieux.

Mais ce type de comportement à son égard pour protéger l’estime de soi fonctionne très bien sur les surdoués qui, dans une grande partie des cas, vont avoir une bien piètre estime d’eux-mêmes. D’où le fait qu’ils soient si nombreux à consulter des psychologues.

 

La psychologue Véronique Burban (psychologue cognitiviste) parlait dans une conférence des enseignants qu’elle tente d’informer à propos d’enfants surdoués qui sont dans leur classe. Elle disait qu’ils ne peuvent s’empêcher de renvoyer le « moins » là-aussi. Et elle entend souvent comme réponse que « oui mais s’il est précoce… ils sont tous précoces dans ma classe ». (A ce propos, il est aisé de retrouver des témoignages de ce genre sur internet. Des enseignants qui refusent d’admettre l’existence même des surdoués, ce qui a, bien évidemment, de très lourdes conséquences pour l’enfant concerné…)

En entreprise, où il y a une rude compétition et où c’est un peu la loi de la jungle, aller plus vite que le chef ou le patron (ou un supérieur hiérarchique quelconque), même si cela permet à l’entreprise de gagner davantage, cela gênera. Il y a toujours la peur d’être dépassé, de se faire piquer sa place car la plupart des gens normaux fonctionnent ainsi et souhaitent grimper les échelons. Alors que le surdoué lui, il n’a pas souvent cette intention (il y en a qui l’ont bien évidemment…), mais même inconsciemment, les autres se sentent menacés, vont se dire qu’il est dangereux pour leur plan de carrière.

 

Ainsi, partout, le surdoué est rejeté. Jamais accepté pour qui il est. Ce qui entraîne, lorsqu’il y a ignorance de sa nature de surdoué, la création d’un faux-self qui sert à s’adapter au monde extérieur, en refoulant sa propre identité, sa personnalité. Ce qui est bien évidemment extrêmement dommageable.

La raison est très simple, vous pouvez regarder mon article sur le principe de la preuve par le nombre. Si tout le monde se comporte d’une certaine façon et qu’on ne partage pas leur avis, on finit par croire que le problème vient de soi, qu’on a un gros problème, qu’on est fou, cinglé. Et c’est ce qui arrive souvent parmi les surdoués qui ne savent pas qu’ils perçoivent le monde différemment.

 

Note à propos des surdoués (pour les hommes en tout cas, je n’ai pas trouvé les chiffres pour les femmes) : ils sont plus de trois fois plus nombreux à se suicider par rapport aux gens normaux. En grande partie à cause du fait de vivre dans un monde inadapté, où ils ne parviennent pas à trouver leur place et où ils sont sans cesse rejetés pour leur différence.

Pourtant il s’agit bien là d’une différence comme nous le verrons par la suite. C’est comme être de taille petite ou de grande taille. Est-ce vraiment un avantage d’être très (trop) petit ou très (trop) grand dans ce monde ? Le monde n’est-il pas adapté pour les gens de taille « moyenne » ?

Et bien là, c’est un peu le même principe, mais les conséquences sont bien pires car non seulement la différence se répercute dans de nombreux domaines, mais surtout elle passe très souvent inaperçue et est dans l’immense majorité des cas totalement incomprise.

 

 

Le test de QI

Il faut déjà remonter dans le temps pour comprendre ce que c’est. A l’origine, le test a été développé par Binet et Simon pour détecter les enfants « en retard ». Il s’agissait d’un test pour déterminer l’âge mental en fonction de l’âge réel : si un enfant avait un âge mental de 12 ans en ayant 10 ans, alors il avait 120 de QI. (C’est sans doute de là que provient l’idée de précocité d’ailleurs.)

Puis par la suite, il a évolué en différents tests, révisés régulièrement pour s’adapter à la société, à la culture, aux nouvelles normes d'éducation.

Mais que mesure le test de QI ? L’intelligence ?

Binet aurait sorti cette boutade : « L’intelligence : c’est ce que mesurent mes tests ! »

Le problème est qu’apparemment, cela a été retenu et pas comme une boutade, ce qui fait qu’aujourd’hui, beaucoup de gens pensent que QI = intelligence. C’est là encore incorrect.

 

Les tests de QI aujourd’hui donnent des résultats qui s’échelonnent sur une courbe de gauss, que vous connaissez tous je pense. La voici :

Il ne s’agit donc pas de déterminer quel niveau d’intelligence a une personne, mais simplement de déterminer, par rapport à des tests donnés, où se situe cette personne par rapport au reste de la population. En somme, cela permet de déterminer le décalage vis-à-vis des autres.

Plus on se situe proche du centre et plus on trouvera de gens au fonctionnement semblable au notre, et évidemment plus on s’en éloignera et plus ce sera délicat d’en trouver.

Mais il faut noter que les résultats d’un tel test dépendent de nombreux facteurs, dont le stress et l’angoisse qui ont pour conséquence que de nombreux surdoués passent inaperçus aux yeux des psychologues qui ne connaissent pas le sujet, soit la majorité des psychologues. Durant les études de psychologie, il n’y a aucun cours qui traite de ces gens « différents ». Il sera proposé simplement une « norme » générale de laquelle personne ne doit dévier. Sinon, il y a le DSM (dans sa 5e version actuellement) — le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux — qui propose une liste de tous les troubles, autrement dit de tout ce qui ne correspond pas à la « norme ». (De plus à chaque révision, il y a de nombreux troubles plus que douteux qui sont ajoutés… Dont certains vraiment ridicules et absurdes. Mais ce n’est pas le sujet ici.)

Le problème à ce niveau est que la psychologie « standard » ne leur est pas adaptée, ce qui est la cause de très nombreux mauvais diagnostics dus à leur comportement différent alors qu’ils sont normaux dans leur différence. Du coup, le psychologue qui n’a aucune connaissance en douance n’a pas vraiment de choix, il est « obligé » de les diagnostiquer comme ayant des problèmes psychologiques puisqu’ils ne correspondent pas au comportement normal, sans raison apparente ! Donc ils observent ces personnes atypiques et essaient de trouver à quoi ils correspondent, du moins les comportements déviants qui se rapprochent de leur comportement.

De plus, les tests ont été élaborés sur des petits groupes de gens qui ont répondu à diverses questions. Environ 2000 personnes généralement sont nécessaires pour élaborer ces tests, ce qui fait que statistiquement, il n’y aura qu’une petite poignée de surdoués et au maximum un ou deux se situant sur l'extrême droite de la courbe.

En effet, le test n’est pas fait pour détecter les surdoués contrairement à l’idée reçue !

Il est fait à la fois pour détecter ceux qui sont (j’ai du mal à trouver un terme qui ne soit pas péjoratif, donc s’il vous plait, ne le prenez pas dans le mauvais sens du terme en le lisant) « attardés mentaux » et pour mesurer avec précision où se situent les gens normaux par rapport aux autres. Seulement dans la partie droite de la courbe, il n’y a simplement pas assez de données pour avoir une quelconque précision. Du coup, les résultats sont toujours donnés avec de grosses marges d’erreur par les psychologues. Répondre différemment à une question peut faire passer de 140 à 150… Enfin, vous voyez le problème je pense. La majorité des questions est conçue pour les 70% de la population, donc les 85-115. Plus on s’en éloigne dans un sens comme dans l’autre, plus le résultat sera aléatoire.

Donc le test de QI a beau être réputé pour tester « l’intelligence », pour déterminer si une personne est surdouée, ce n’est pas sa fonction première, il est utilisé faute de mieux. Et pour ce qui est de l’intelligence, aujourd’hui encore, personne ne semble être d’accord sur ce que c’est vraiment. Il y a plusieurs théories, dont celles des intelligences multiples, c’est du moins dans ce sens que sont faits les tests. Mais au final, chacun a sa propre définition de ce qu’est l’intelligence.

 

Aussi, il faut savoir que je viens de parler de la courbe basée sur l’échelle de Wechsler. Aux USA, ils utilisent l’échelle de Cattell. (Histoire de nous perdre un peu plus…)

Et c’est de là que proviennent des tas d’incompréhensions :

140 sur Wechsler valent 160 sur Cattell. Et c’est pourquoi vous entendrez des QI de 170-180 aux USA alors qu’en France, ils ne dépasseront jamais 160, la limite supérieure du test utilisé ici. Sur Cattell, c’est 196 le maximum — c’est l’équivalent aux 160.

A partir de là vous comprendrez que donner un chiffre de QI sans donner l’échelle utilisée n’a pas le moindre sens. Donner un chiffre de QI me semble être une assez mauvaise idée en règle générale, y compris à la personne concernée. Ce qui est important est de savoir si on fonctionne comme la majorité ou si on a un fonctionnement à part et en quoi ce fonctionnement est différent ! Il me semble en tout cas que de vouloir donner des chiffres est la porte ouverte à des comparaisons, à des notions de supériorité ou d'infériorité et c'est donc à proscrire.

 

Enfin pour en revenir au sujet des surdoués et déterminer à partir de quand ils le sont, je vais donner un avis subjectif car il y a différentes vues selon où se situent les personnes sur la courbe et si elles ont fait le test ou non. Mais je trouve parfaitement inadapté le fait d’avoir décrété que si on a plus de 130, on est surdoué. Le chiffre donné seul ne veut strictement rien dire. Mais officiellement, il y avait besoin de trancher. C’est pourquoi selon les pays, vous pourriez être considérés ou non surdoués. On retrouve des limites à 125, d’autres à 130 comme en France, ou encore à 132… Bref, ce n’est pas cela qui va vraiment définir qu’une personne aura un comportement différent, car c’est bien là ce qu’on cherche à démontrer en déterminant si une personne est, ou non, surdouée. Ce qui est important n’est pas le quantitatif, mais c’est bel et bien la différence qualitative ! (Nous le verrons dans le prochain chapitre.)

Dans la théorie toutefois, cela se tient généralement car cela correspond à deux écarts types de la moyenne, je reviendrai sur les écarts types en parlant de l’impact social de la douance. Un écart-type sur le test utilisé en France est de 15 points.

Mais dans la pratique, à cause du côté aléatoire des tests, à cause de l'état psychologique, de la possible prise de 'médicaments' (ou stimulants aussi dans l'autre sens), à cause du fait que certains peuvent s’entraîner un minimum tout de même ou être plus à l’aise dans certains domaines suite à leur acquis — car le test ne va pas seulement tester l’inné bien que ce soit pourtant ce qu’on cherche à savoir, il ne mesure pas non plus des choses comme la créativité… — on retrouve au final des gens normaux, qu’on pourrait qualifier de très intelligents sans doute, au-dessus de 130. Tout comme on trouvera des surdoués en dessous de 130.

En ce point, quand on lit qu’il y aurait 2% de surdoués, il s’agit de statistique par rapport à la courbe de Gauss, du nombre estimé de gens qui seraient au-delà de 130. En réalité, il est impossible de savoir combien il y en a vraiment. Mais un résultat à un simple test, qui ne peut pas être complet, ne définit pas si une personne l’est ou non. C’est le diagnostic, qui est subjectif, du psychologue qui permet de le savoir, d’où l’importance d’en voir un spécialisé en douance et surtout pas un qui n’y connaitrait rien et se baserait seulement sur les chiffres.

(Ou encore, il y a aussi l’identification par d’autres surdoués. Ce qui peut ensuite être validé, si besoin, par un psychologue spécialisé. Mais il faut noter que le test est assez cher, entre 250 et 300€. Beaucoup de surdoués le recommandent car cela leur a apporté énormément. Pour ceux qui en souffrent le plus, cela s'avèrera souvent nécessaire. Mais cela ne sera pas le cas pour tous, certains s’en moquent complètement et continuent en tant qu’autodidactes qu’ils sont. Bref, à chacun de faire ce qui s’appliquera à son propre cas et en fonction de ses besoins — et de ses moyens financiers évidemment, car ce n'est pas donné.)

 

Mais autrement, ce n’est pas facile de savoir qui l’est. D’autant plus que pour arranger le tout, certain s’auto-inhibent, ce qui se voit surtout chez les femmes, victimes de sur-adaptation. (Trop s’adapter n’est pas bon non plus comme vous pouvez l’imaginer, car c’est refouler qui on est.)

Un autre problème pour le surdoué : accepter qu’il puisse l’être. Une immense partie des surdoués va en fait ne même pas accepter le fait que ce soit possible, justement à cause des nombreux préjugés : « comment je pourrais l’être, je n’ai rien fait de spécial ». Ou « comment pourrai-je être surdoué, je suis nul en math ». Surdoué, ce n’est pas ça bien évidemment.

Ce sont des gens qui doutent énormément d’eux, sur ce point on pourrait dire que l’intelligence remet en question l’intelligence.

Mais alors d’où viennent ces différences entre surdoués et non-surdoués ?

 

Une différence cognitive : ils existent bel et bien

Grâce à l’avancée des neurosciences (neuroanatomie et imagerie médicale), il a été possible de mettre en évidence des différences physiologiques dans le cerveau des surdoués. Ainsi, il n’est plus possible aujourd’hui de dire qu’il s’agit de fantasme de parents ou je ne sais quoi d’autre.

Ainsi, Orzhekhovskaia NS. a publié en 1996 les résultats d’une étude sur les surdoués. (« The cytoarchitectonic characteristics of the frontal fields of the brain in gifted people »). Il a été montré que quel que soit l’âge, les sujets surdoués présentaient des lobes frontaux et pariétaux différents avec une densité de neurones plus de deux fois supérieure à la normale. (Ce sont les lobes liés au raisonnement et à la perception, entre autre. J’y reviendrai dans la partie sur les caractéristiques, ce que cela implique concrètement.)

Nous savons aussi grâce à une étude menée par le NIH aux USA (et publiée en 2006 — « Cortex matures faster in youth with highest IQ »), que la matière blanche du cerveau se constitue plus vite, plus tôt et est au final plus dense chez les surdoués. La myéline, qui donne à cette matière la couleur blanche et qui entoure les axones (le transmetteur du neurone), est responsable de la conduction du signal électrique et de la propagation des informations dans le système nerveux. Il s’agirait de 0,05 m/s en plus par point de QI supplémentaire. On comprend dès lors mieux pourquoi tout va plus vite chez eux : l’information arrive plus rapidement. D’ailleurs à ce propos, avant l’apparition des tests de QI, ils mesuraient parfois « l’intelligence » par rapport aux temps de réaction. Aussi, il a été remarqué que les dernières générations sont en moyenne plus lentes que celles d’il y a plus d’un siècle. (Effet de l’abêtissement de la population par la télévision ? Du fait que pas loin d’un quart de la population prenne des antidépresseurs ou autres drogues qui « ralentissent » ? La « malbouffe » ? Il doit y avoir plusieurs raisons qui expliquent cette baisse. En tout cas, ce n'est pas très glorieux pour notre époque.)

Pour en revenir à la vitesse des signaux, de la quantité de matière blanche entre autre, cela explique aussi pourquoi il a été observé que plus une personne se situera sur la droite de la courbe, plus la vitesse de transmission des signaux dans le cerveau est élevée.

De plus, les connexions entre les neurones (les synapses) sont aussi beaucoup plus nombreuses, il serait état de deux fois plus aussi.

 

Enfin, il a aussi été observé (grâce à l’imagerie médicale, les IRM) qu’il y a une plus grande interaction entre les deux hémisphères du cerveau. Lors d’une autre étude, il a été montré que bien qu’il y ait une meilleure coopération des deux hémisphères, s’ils sont forcés de n’utiliser qu’un seul hémisphère, les surdoués sont plus lents qu’une personne normale.

En somme, il s’agit d’une architecture de cerveau qui est différente. Il y a plus de zones activées en même temps comme l’ont montré les IRM, mais si l’on restreint le nombre de zones, ils ne sont pas forcément plus efficaces. Ce qui signifie bien en tout cas qu’il s’agit d’une différence de fonctionnement.

 

Sur ce chapitre, j’imagine qu’on va me dire, oui et alors, ils ne vont pas s’en plaindre de tout ça !

Ce chapitre était là surtout pour démontrer que c’est une réalité, que cela a été prouvé. Ils existent et sont vraiment différents.

 

Les implications

Maintenant évidemment, qu’est-ce que ces différences vont bien pouvoir provoquer ?

La différence d’architecture va tout d’abord provoquer une façon différente de penser. Une pensée dite en « arborescence ».

Mais qu’est-ce que c’est ?

C’est quelque chose d’assez difficile à expliquer (concrètement), même si dans la théorie c’est simple, car tout le monde s’imagine que les autres vont penser comme nous et comment pourrait-on savoir ce qui se passe vraiment dans la tête des autres ?

En fait, la pensée en arborescence fonctionne par associations d’idées, une idée qui en appelle une autre etc.. Je vais donner un exemple de pensée arborescente, je ne sais pas si c’est parfaitement exact comme exemple, mais ça me semble assez juste. (Je l’avais entendu dans une vidéo sur youtube à propos des caractéristiques des surdoués, du moins une des nombreuses versions qui existe de cette liste.)

« Dans votre voiture, un zèbre, vous n’allez pas le choper à ce qu’il soit assis à côté de vous et qu’il ne pense à rien, pas possible. Si vous lui demandez à quoi tu penses, éventuellement il ne répondra pas parce qu’il était parti trop perché mais il ne pensera pas à rien. Ça peut être : je regarde un arbre et l’arbre il y a des nuances de vert dans l’arbre et d’ailleurs ça me fait penser que la dernière fois qu’on est passé chez mamie, il y avait un arbre qui ressemblait à celui-là, aux nuances de vert et merde mamie je ne l’ai pas appelée depuis longtemps, donc je vais appeler mamie, mais on est le 25, j’ai dépassé mon forfait, donc j’ai dépassé mon forfait, il faut que j’appelle sfr avant, mais je ne suis plus engagé dans un mois et le dernier iphone qui est sorti me branche bien, donc je ne vais pas appeler sfr, je vais aller chez orange et je vais changer de téléphone. Et là, il regardait un arbre, il part chez orange. »

(Je précise que mon but n’est pas de faire de la pub pour quoi que ce soit, je suis d’ailleurs contre ce principe d'aller acheter « le dernier iphone » et toutes ces choses « tendance » pour faire comme les autres dans cette société de consommation, mais ça c’est une autre histoire.)

Autre précision, il n’y a pas forcément les liaisons entre les associations d’idées, ça s’enchaîne plutôt très rapidement, ça peut aller dans plusieurs directions à la fois. Et c’est difficile de pouvoir vraiment le retranscrire car il y a beaucoup d’idées ressenties aussi, des associations qui s’enchaînent par images, une image qui en amène d’autres, etc..

Un autre exemple de façon de penser différente, donné dans la même petite vidéo, mais valable aussi, à propos des questions banales du quotidien et les réponses des surdoués.

« Qu’est-ce qu’on fait demain ? La réponse classique, c’est demain, à midi il y a mamie qui vient manger, on peut se lever tranquillou et puis l’après-midi, on ira peut-être faire une balade. »

Pendant que la réponse d’un surdoué, ça peut être « Attends, pourquoi tu me poses la question ? Est-ce que tu as quelque chose à me demander ? Tu veux faire quelque chose demain ? Si tu ne veux pas faire quelque chose, est-ce que tu avais un message à faire passer, est-ce que tu veux savoir si je me suis organisé ou si je ne me suis pas organisé parce qu’il y avait peut-être des courses à faire et est-ce que tu veux savoir si on va manger à midi ou si on va manger plus tard, … »

(Il y a peut-être un ou deux mots inexacts dans la retranscription, la qualité sonore est atroce…)

C’est quelque chose de déstabilisant comme il le dit, de culpabilisant aussi, c’est être incapable de donner une réponse simple à une question simple. Le surdoué ne va pas dire à haute voix tout cela bien entendu. Très souvent, il dira simplement « je ne sais pas ». L’autre personne ne comprendra pas pourquoi il dit qu’il ne sait pas, c’est pourtant si simple pour elle d’y répondre. Oui, mais pour le surdoué comme vous l’avez vu dans cet exemple, dans sa tête, ce n’est jamais simple. Quelque chose de trop simple ressemble à un piège pour lui et il cherche à savoir ce qu’il y a de plus qui serait caché derrière une question si banale.

 

Bref, je pense que ça donne déjà une petite idée de différences de fonctionnement au quotidien. (Mais ce n’est que le début de la liste.)

Le surdoué se pose des questions, sur tout, sans arrêt ! Beaucoup se plaignent de ne pas trouver le bouton « off ». C’est pourquoi ceux qui le sont ont déjà entendu des remarques comme : « tu penses trop », « tu te poses trop de questions ». Ceux qui ne le sont pas et qui lisent ceci l’ont peut-être dit à d’autres qui le sont ?

Ce n’est pas la faute au surdoué, il fonctionne comme ça. Il a en permanence aussi une sorte de « sous-programme » qui va faire qu’il questionne tout, il ne fait ou dit pas les choses par hasard et dans le cas où il s’ignore, il va supposer que les autres vont faire de même. Autrement dit, il va se dire qu’il y a d’autres raisons quand une personne dit quelque chose de simple : « Pourquoi tu me dis cela ? Dans quel but ? Tu veux que je comprenne quoi de plus ? ».

Je ne sais pas si c’est cela la cause, mais en tout cas, c’est assez rare de prendre un zèbre en train de parler pour ne rien dire.

Cela créé un énorme décalage, les gens qui parlent de banalité « ennuient » le zèbre, et si le zèbre part trop loin, il perdra tout le monde en cours de route à cause des associations d’idées qui s’enchaînent rapidement et sans lien logique pour les autres : « tu passes du coq à l’âne ».

 

Il faut ensuite revenir aux neurones et expliquer les différences émotionnelles et perceptives.

Nous avons vu que le surdoué avait plus de matière grise (densité de neurones plus élevée). Il existe trois types de neurones (sensoriels, moteurs, interneurones). Ceux qui nous intéressent ici sont surtout les sensoriels, responsables de capter les messages des récepteurs sensoriels et de les transmettre au système nerveux. Ceci explique l’hypersensorialité des zèbres entre autre.

Pour donner une image,  imaginez sentir une odeur. L’information est transmise au cerveau, mais là, elle se retrouve traitée par un nombre supérieur de neurones. L’information est donc plus complète, perçue plus fortement aussi. (Plus vous envoyez de fois un message, plus le message sera clair.)

C’est ainsi qu’on retrouve chez les surdoués une exacerbation des sens.

Les bruits sont souvent perçus plus forts, les odeurs de même, la lumière aussi. Il n’est pas rare de croiser des surdoués qui ne supportent pas les bruits forts, ni la lumière forte (la moindre lumière peut aussi empêcher certains de dormir la nuit car ils sont plus sensibles aux stimulis sensoriels) ou encore ce qui semble le plus courant, un odorat beaucoup plus sensible : des gens qui vont repérer une personne qui a transpiré dans une salle pleine, qui ne vont pas supporter les odeurs fortes comme les parfums, etc..

Pour le toucher, ça peut être de ne pas supporter les étiquettes ou certaines matières sur le corps… Etre plus sensible aux chatouilles, etc..

Il s’agit aussi de voir ce que d’autres ne voient pas (la vue perçoit plus de détails, les contrastes sont plus prononcés), d’être dérangé par des odeurs que les autres ne sentent pas, de percevoir des choses que les autres ne perçoivent pas…

 

Avec leur perception différente du monde, à percevoir les choses que les autres ne remarquent pas et à les percevoir beaucoup plus rapidement, il y a aussi une autre conséquence qui se retrouve dans la majorité des cas : ce que certains appelent « clairvoyance ».

En fait, quand un surdoué entre dans une salle, inconsciemment, ses sens vont tout percevoir, tout capter et enregistrer. Et il percevra le résultat de cette perception inconsciente presque instantanément, comme un ressenti, cela apparaîtra comme une intuition. Ce qui fait que les surdoués sont souvent perçus comme « hyperintuitifs ». Ils ne savent pas pourquoi ils savent certaines choses, mais ils le savent, ça leur vient tout seul.

Pour donner un exemple dont parlent certains psychologues, rien qu’à la façon dont un surdoué rentre dans leur bureau, ils savent justement que c’en est un. Il y a ce regard différent, un regard scrutateur.

D'ailleurs une petite parenthèse, entre surdoués, une façon de se repérer « dans la vie » est justement de voir cette forte intensité du regard qu’on ne retrouve pas chez ceux qui ne le sont pas.

En rentrant dans la pièce, le surdoué saura exactement ce que le psychologue était en train de faire avant. Mais cela fonctionne aussi dans l’autre sens, un surdoué assis à son bureau, rien qu’à la façon dont une personne va frapper à la porte ou va entrer dans la salle, il saura souvent pourquoi la personne est venue et qu’elle vient parler de tel sujet et puis il connaîtra la conclusion de ce qu’elle est venue annoncer au même instant.

On pourrait croire que c’est un avantage, mais imaginez un instant devoir attendre 15 minutes que l’autre personne vous dise quelque chose que vous savez déjà depuis la première seconde… Ennuyant… Culpabilisant encore une fois : comment dire à l’autre personne qu’il sait ce qu’il va dire ? C’est très mal perçu. Du coup pour ne pas manquer de respect, à nouveau le surdoué va s’ennuyer, va s’impatienter… (Ca peut expliquer pourquoi ils sont souvent perçus comme impatients sans doute.)

Et là, nous avons un gros problème social : l’ennui du surdoué dans une discussion banale. Ils perçoivent où la discussion se dirige et ce souvent dès les premiers mots, du coup ils décrochent et partent dans leurs pensées. D’où le fait qu’ils paraissent souvent rêveurs ou dans la lune.

Mais attention, un surdoué n’est pas omniscient, il s’agit là d’intuitions, de ressentis si on veut. Mais même si ces intuitions se vérifient très souvent, il ne sait pas tout bien évidemment et il n’est pas à l’abri d’erreurs !

Ce qu’il faut retenir donc est qu’il s’agit là simplement d’une façon différente de percevoir les choses, une façon plus intuitive, davantage basée sur le ressenti que sur la réflexion consciente, du moins quand le surdoué est resté ouvert à son ressenti, à ses émotions car bien souvent, ils vont se couper de tout cela pour se protéger à cause de leur trop grande sensibilité.

 

Après l’aspect cognitif, j’en viens justement au second point le plus important de cette différence : celui de la sensibilité. Ce sont des gens « hypersensibles ». Mais il existe aussi des personnes plus sensibles que la moyenne qui ne sont pas surdouées, d’où une difficulté supplémentaire pour déterminer qui l’est ou non : on retrouvera des caractéristiques des surdoués chez les hypersensibles non surdoués !

Cela entraîne aussi une hypersusceptibilité, des gens qui « démarrent au quart de tour ». Dans ce cerveau où tout va plus vite et tout est ressenti plus fort, il en va de même pour les émotions.

Une banalité peut être un drame, un drame la fin du monde. Mais cela fonctionne aussi dans l’autre sens, la joie est aussi ressentie plus intensément.

Mais tout s’enchaîne, un instant, la personne peut être extrêmement joyeuse, dans l’instant qui suit, elle peut être au fond du trou (je caricature un peu, mais c’est pour dire que c’est très rapide comparé aux émotions chez les personnes normales).

C’est pourquoi les surdoués sont souvent diagnostiqués à tort comme bipolaire par exemple (sauf que chez le surdoué, c’est très rapide, ce n’est donc pas la même chose du tout). Leur état émotionnel évolue à une grande vitesse. Ce sont des sortes de montagnes russes des émotions et de ce fait, ce n’est pas évident de comprendre un surdoué qui est blessé pour un propos qui parait inoffensif ou alors qui s’enthousiasme pour un rien, qui va s’émerveiller devant une chose que les autres ne remarqueront même pas ! Et pourtant pour lui, c’est un fonctionnement tout à fait normal ! Il n’a aucun trouble, il est comme ça.

Quand on ajoute hypersensibilité et hyperempathie, vous comprendrez pourquoi certains surdoués ont peur de partager leurs émotions en public. J’en connais plusieurs qui refusent de regarder des films en compagnie d’autrui par exemple. Dans notre société, il faut bien avouer que de voir un garçon avoir les larmes aux yeux devant un film est assez mal perçu, surtout pendant l’enfance où ils seront critiqués, stigmatisés (ou pire…). Sur ce point, on pourrait dire que les filles ont un avantage (qui peut aussi être un inconvénient) sur les garçons : leur hypersensibilité passe souvent inaperçue car c’est perçu comme un trait féminin. Par contre, comme ce genre de caractéristique passe davantage inaperçu, elles sont aussi bien moins souvent repérées… En ajoutant à cela le fait que la société a toujours eu tendance à être patriarcale… De nos jours encore, beaucoup de parents vont faire tester leurs garçons, mais pas leurs filles ! Alors que souvent dans ce genre de cas, où les parents se disent que leur fille ne peut pas l’être en voyant le comportement de leur garçon surdoué, c’est justement la fille qui l’est le plus ! Mais comme elle se sera « sur-adaptée », cela ne se voit pas.

 

Je vais donner ensuite quelques autres points qui se retrouvent assez souvent comme caractéristiques chez les surdoués :

– Intérêts très variés, saute facilement d’un domaine à un autre.

– Peut faire plusieurs choses en même temps (suivre deux conversations en parallèle, parler et écrire, rêver et pourtant écouter, etc.)

– Humour décalé, bien souvent incompris. Le surdoué fait avec ce qui vient, en produisant souvent de l’humour à partir de ce qu’il se passe et avec les choses au fur et à mesure qu’elles arrivent. Mais il se retrouve souvent à rire seul (alors que les autres surdoués l’auraient compris). Encore une fois, enchaîner les échecs sans comprendre pourquoi alors que cela semblait bon est culpabilisant, une autre raison de se sentir nul à cause de l’ignorance de sa différence.

– Grand sens de la justice, de l’équité, de la moralité. De même qu’une intolérance à l’injustice, pour lui et les autres. (Pour certains, ils vont jusqu’à se mettre en danger pour lutter contre des injustices.)

– Idéalisme, altruisme, compassion, empathie ou « hyper-empathie », la capacité de voir les choses à la place des autres avec grande aisance, ce pourquoi les surdoués sont souvent plébiscités, il y a une grande qualité d’écoute. Mais cette empathie fait aussi que le surdoué est une sorte d’éponge aux émotions ambiantes. Dans un cadre rempli d’émotions négatives, il recevra tout… l’accumulera. Grand nombre de surdoués parlent de vagues d’émotions, voire d’être submergés.

– Rapidité d’apprentissage et autodidactisme, ce qui ne colle pas avec l’école qui a un rythme fixe, basé sur une moyenne et qui impose une méthode adaptée à la majorité, méthode qui ne convient pas au surdoué qui va, généralement, apprendre de façon plus ludique, à sa façon.

– Perfectionnisme doublé d’une extrême lucidité, ce qui peut entraîner le doute, la peur de l’échec. Et dans certains cas une inhibition totale. Cette lucidité lui procure une vision à part du monde ce qui peut l'amener à s'empêcher d'être heureux car voyant qu'il y a tant de choses qui vont mal. Quand la majorité ne s'en soucie pas, le surdoué y pense et ça le travaille. De plus, la lucidité à propos de ses propres faiblesses va souvent empêcher au surdoué de se penser « intelligent ».

– Sensation de décalage, de marginalité, ou du moins le sentiment d’être différent des autres.

– Intime conviction d’être mauvais ou nul, même lorsque les autres le trouvent intelligent.

– Un besoin de connaissances, de savoir, une curiosité sans limite apparente… d’où les questions incessantes.

 

La liste n’est bien évidemment pas exhaustive et tous les surdoués ne correspondront pas strictement à ce profil.

 

Dans tous les cas, vous l’aurez compris, les surdoués sont souvent originaux ou perçus comme des originaux.

 

Les implications sociales

J’en ai déjà abordé plusieurs tout au long de cet article, mais il y a plus encore. Je vais plutôt parler des grandes lignes ici.

J’avais parlé des écarts-types, cela se trouve dans la littérature anglaise à propos des surdoués (gifted en anglais — enfin en anglais, ils en ont fait 4 catégories : gifted, highly gifted, exceptionally gifted et profoundly gifted). Une étude faite sur des groupes sociaux a mis en évidence le fait qu’au sein d’un même groupe, il y a au maximum deux écarts-types de différence entre le membre plus à droite et celui le plus à gauche de la courbe. Pour donner un exemple, cela veut dire que dans un groupe où le plus à gauche serait à 100, le plus à droite ne dépasserait pas les 130.

En fait, lorsqu’il y a un trop grand écart, les problèmes de communication font leur apparition. Je ne sais pas si on peut parler d’être sur « la même longueur d’onde », mais cela reviendrait un peu à ça.

En somme, un surdoué, tout juste au niveau du second écart type aurait des difficultés pour communiquer au même niveau qu’une personne se situant en dessous de la moyenne de la population.

Les centres d’intérêts, le type de sujet abordé, la façon d’en parler, etc.. Tout ceci est très différent avec un tel écart. — Ce qui explique pourquoi il y a de nombreux surdoués qui se sentent mieux socialement lorsqu’ils arrivent à bac +5 et plus. Ils retrouvent ici surtout des gens qui se trouvent sur la droite de la courbe et ont donc plus de chance de pouvoir communiquer avec eux plus facilement.

Le souci, c’est que plus on se dirige vers la droite et plus la population diminue. Pour quelqu’un qui serait à 3 écarts types du centre, il faudrait alors trouver des gens qui se trouveraient dans à peine 15% de la population, simplement pour pouvoir communiquer avec eux, pour pouvoir partager facilement des centres d'intérêts ! Dès lors, on comprend vite pourquoi une grande partie des surdoués sont isolés socialement. Statistiquement, ils ont peu de chance de pouvoir créer des groupes d’amis correspondant à leur écart-type. En ce point, ils ont bien plus de chance de trouver dans les grandes villes. Ceux qui grandissent à la campagne par contre sont généralement très isolés, faute d’une population assez importante pour qu’ils puissent croiser d’autres enfants similaires.

 

De plus, lors de leurs recherches, ils ont remarqué que pour les couples, il s’agirait d’être à moins d’un écart-type, du moins ils ont observé que la majorité des couples se situaient à moins d'un écart-type.

Et là, on comprend pourquoi une grande partie des surdoués est célibataire. Certains psychologues, comme la spécialiste Arielle Adda disent clairement de toute façon qu’un surdoué ne peut être en couple qu’avec un autre surdoué. Selon eux, ce n’est vraiment pas une bonne idée d’être en couple « mixte » à cause des différences de comportement.

Toutefois, il existe de nombreux exemples de surdoués qui sont en couple avec des non-surdoués, mais ils ne représentent effectivement pas la majorité et rares sont les couples qui fonctionnent « bien » dans un tel cas, du moins il s'agit là d'une minorité. En effet, dans un tel cas, il faut beaucoup de patience d’un côté comme de l’autre. Le surdoué est difficilement supportable, il est « trop » en tout, il va trop vite, il ressent trop fort… Il aime « trop » aussi, du moins ce n’est pas le même type d’amour. Il s’agit davantage d’un amour de type « Amour » avec un grand « A ». (Même si encore une fois, j’insiste sur le fait que cela ne concernera pas tous les surdoués de la même façon.)

Du coup, il est facilement compréhensible que bon nombre de psychologues ne le recommandent pas car l’incompréhension guette à chaque coin : repensez aux exemples de pensée arborescente ou des questions qui ne s’arrêtent pas, l’incapacité à répondre simplement à une question provenant d'une personne non surdouée. La frustration qui en découle des deux côtés, l’un qui culpabilise de ne pas savoir répondre comme il faut, l’autre qui est frustré de ne pas avoir obtenu la réponse souhaitée… Dans un tel cas, pour que cela fonctionne, il faut qu’il y ait beaucoup de tolérance. Malheureusement dans la société actuelle, la tolérance n’est pas vraiment la valeur la plus commune… bien au contraire.

Dans ce cas, en imaginant qu’un surdoué « devra » trouver un partenaire surdoué aussi, nous nous retrouvons avec seulement environ 2% de la population qui pourrait convenir (tous sexes et âges confondus). Mais alors, dès qu’ils s’éloignent encore davantage de la moyenne, je vous laisse imaginer les chances qu’ils ont de trouver quelqu’un qui leur conviendra, avec qui ils pourront satisfaire leur besoin de parler plus en profondeur de certains sujets, ou encore avec qui ils vont pouvoir partager les choses « sur la même longueur d’onde ».

 

Alors pour ceux qui pensaient que la vie d’un surdoué était simple en tous points, que cela n'avait aucun inconvénient, le pensez-vous toujours après avoir lu cet article ? Etait-ce vraiment l'idée que vous aviez des surdoués ?

 

Conclusion

Je n’ai pas parlé de tout, je n’ai pas tout détaillé, mais quand je vois la longueur de l’article déjà, je me dis qu’il vaut mieux que je m’arrête car si je fais trop long, personne ne le lira. Il existe d’autres sujets pourtant comme les personnes surdouées qui sont « Aspi » (syndrome d’Asperger — une forme légère d’autisme bien que beaucoup demandent à ce que ce soit reconnu comme différence et non plus comme trouble.)

Il y a probablement d’autres catégories de gens différents, mais ici je me suis concentré sur les surdoués qui ne présentent pas d'autres particularités supplémentaires. (Je ne connais pas suffisamment les autres catégories afin de pouvoir en parler de toute façon.)

Je n’ai pas non plus parlé d’un grand danger des surdoués : les P.N. (pervers narcissiques) qui semblent très souvent s’en prendre aux zèbres et les zèbres tombent très souvent dans ce piège qui leur est beaucoup plus dangereux que pour une personne normale… C’est lié à leur hypersensibilité entre autre, à leur manque d’estime de soi lorsqu’ils s’ignorent aussi généralement : selon eux, ils ne réussissent rien, pas même à s’adapter convenablement, ni à faire comme les autres mais à la place sont toujours en décalage, à se faire remarquer pour leurs « bizarreries » que les gens ne manquent pas de pointer du doigt, ce qui renforce d’autant plus leur mal être… Du coup, ce sont des proies de choix pour les P.N.. (A peu près tous les surdoués ont eu droit à leur P.N. à un moment de leur vie… Du moins d’après les témoignages, c’est ce qu’il semblerait en tout cas.)

Etre surdoué, ce n’est pas simple. Pourtant, c’est une différence comme une autre. Cela apporte des choses avantageuses, mais cela va aussi amener des problèmes, des problèmes d’intégration sociale — en particulier dans le cas de ceux qui s’ignorent ou qui n’ont pas eu la chance de naître dans un environnement favorable à leur différence et qui auraient pu être acceptés et reconnus pour qui ils sont vraiment : des êtres sensibles et fragiles.

Aux USA, des recherches montrent que ceux qui naissent dans une famille aux conditions très favorables ou avec des parents surdoués s’en sortent mieux. Ce sont ceux qui vont le mieux réussir et ceux-là ont du mal à croire que les autres puissent avoir des problèmes d’intégration sociale. Chaque cas est unique et dépend de nombreux facteurs pour ce qui est de l'intégration à la société.

Par contre dans les autres cas, cela peut aller de la simple marginalité jusqu’à l’exclusion totale.

Beaucoup de gens pensent que s’ils étaient vraiment surdoués, ils sauraient s’adapter. Mais comment s’adapter alors qu’ils restent incompris dans leur différence dont ils n’ont même pas conscience, qu’ils sont rejetés et mis à l’écart, stigmatisés sans savoir pourquoi ?

Ce n’est pas leur faute ni un manque d’intelligence, il s’agit là simplement de normes dans la société qui ne leur sont pas adaptées, où ils ne sont pas reconnus et sont encore moins acceptés tels qu’ils sont.

Et c’est pourquoi il est si important d’en parler, permettre à ceux qui souffrent de pouvoir savoir qu’ils fonctionnent différemment, qu'ils ne sont pas fous !

Aussi de savoir que le sujet existe, qu’ils existent, d’arrêter de nier leur existence (avec des phrases comme « oui mais tout le monde est différent » ou autrement dit que personne ne l’est…) et que les gens commencent enfin à les accepter tels qu’ils sont et arrêtent de les stigmatiser, d’éprouver de la jalousie mal placée. Il y a bien des écoles spéciales pour les gens doués en sport ! De même qu'en musique ! Alors pourquoi est-ce si difficile d'admettre que certaines personnes ont un cerveau câblé différemment. C'est une autre particularité dans l'immense diversité de la nature.

 

Enfin pour terminer, je tiens à rappeler, que comme l'indique le terme de zèbre, chaque surdoué est unique. Plus on s'éloigne de la norme et plus on trouvera des gens « différents ». Il n'y a pas deux zèbres qui se ressemblent ! C'est pourquoi il est si difficile de décrire leur fonctionnement, il y a des traits communs qui ont très souvent été observés, mais nous ne pouvons pas dire que si tel ou tel point n'est pas rempli, que c'est impossible que ce soit un surdoué. De même bien évidemment, comme partout, il y a de tout : des surdoués inintéressants, pardonnez l'expression suivante : des surdoués « cons », des surdoués qui ont pris la grosse tête et j'en passe… Ne jugez pas les autres par rapport à ceux-là, un cas particulier n'a pas valeur pour tous.

Vous ne percevez probablement pas tous les humains de la même façon. J'imagine que vous percevez autrement vos amis des inconnus et ainsi de suite. Mais les gens inconnus, ce sont simplement de potentiels amis que vous ne connaissez pas. Et parmi, il y a forcément aussi des surdoués. Ce sont des gens comme les autres, ils ne méritent pas d'être stigmatisés, ni d'être mis à l'écart. Simplement d'être acceptés dans leur différence.

Autrement, cela revient à une forme de discrimination, on pourrait rapprocher cela au sexisme ou au racisme. Ici, ce serait pour un cerveau branché différemment ! Cela n'a aucun sens de les discriminer pour quelque chose qu'ils ne contrôlent pas, qui fait partie d'eux depuis leur naissance et qui fera partie d'eux jusqu'à leur mort.

C'est malheureux tout de même que l'être humain parvienne à trouver autant de critères à propos desquels il discriminera les autres. A quand un monde harmonieux où tout le monde accepterait les autres tels qu'ils sont, qu'ils présentent une différence quelconque ou non !

 

 

Bibliographie (entre autre)

« Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud-Facchin

« Différence et souffrance de l’adulte surdoué » de Cécile Bost

« Apprendre à faire simple quand on est compliqué » de Monique de Kermadec

(Au passage, vous aurez remarqué le titre des livres, c'est assez révélateur de la situation actuelle… Aussi, si le sujet vous intéresse, ne soyez pas repoussés par ces titres. Je sais combien cela peut être gênant d'acheter ou d'emprunter ce genre de livre en librairie ou bibliothèque, avec le regard des autres à cause des préjugés sur le sujet. Au pire, commandez-les sur internet… Ils sont disponibles sur la fnac ou amazon par exemple.)

20 réflexions au sujet de « Personnes atypiques. Qu’est-ce que la douance ? Si ce n’était pas ce que vous pensiez ? »

  1. Gilou de Canterate

    J'ai 60 ans et je viens de passer le  teste WAIS IV positivement, célibataire,sans enfants,  je survis grâce au RSA depuis de nombreuses années, bref une vie solitaire totalement dévastée. C'est la rencontre d'un pervers narcissique que j'avais démasqué et fuit qui m'a mis sur la piste d'être "surdoué" puisque nous sommes leurs proies privilégiées.

    A quand un dépistage dès la moindre suspission suivit d'un accomagnement éclairé pour les enfants,  un parainnage bienveillant pour les adultes en difficultés dépistés tardivement, et pourquoi pas un statut non stigmatisant au regard des traumatistes subits comme pour toutes anomalies furent-elles sournoises et embarassantes.

    J'ai malgré tout fait des études d'ingénieur puis de management en plus de philosophie, sociologie, psychologie de façon informel pour répondre à mes questionnement et pratiqué l'alpinisme. Le pervers narcissique qui est bucheron va bien il a trouvé une nouvelle victime et bénéficie de la concidération de tous.

     

    Répondre
    1. Rachel

      Bonjour,
      Je suis tombée sur votre article complètement par hasard, en cherchant à me renseigner sur les personnalités atypiques (la mienne!) et là je dois dire que c’est le choc ! En effet je suis en pleine introspection depuis des années, mais récemment de manière plus intense. J’ai toujours eut ce sentiment d’être en décalage et incomprise, irritée par les conventions sociales et les banalités, très introvertie et perfectionniste (surtout envers moi-même mais aussi instinctivement envers les autres — mais bien sûr, ce perfectionnisme envers les autres TRES tempéré par une empathie exacerbée) bref…J’ai longtemps mis cela sur le compte de l’éducation…et j’ai grandit en me dépréciant sans arrêt, en faisant semblant de ne pas savoir, en limitant au maximum mes réussites scolaires quand j’ai compris qu’elles n’étaient pas acceptées des autres…jusqu’à apprendre récemment que l’un de mes parents (et maintenant je suspecte les 2) avait été diagnostiqué enfant précoce … Bref sans détailler toute ma vie ici, je voulais juste vous remercier pour cet article très simple et riche à la fois, qui m’a ouvert les yeux. Depuis je lis et je lis sur la question… et j’espère un jour avoir le courage et surtout assumer de faire le test et surtout de l’aborder ensuite avec ma famille…

      Répondre
    2. dupuy

      Bonjour

      Je suis amoureuse d’une personne atypique et j’aimerai pouvoir l’aider car a ce stade de notre relation il me demande du temps. Il se pose pleins de questions qu’a mon niveau je ne comprends pas mais je veux être avec lui. que faire comment le rassurée
      Merci pour vos réponses jai peur pour lui
      Olivia

      Répondre
      1. bladeer

        bonsoir , je suis ( pense être étant été diagnostiqué « surdoué  » )
        j’ai une copine qui n’est pas ( en tout cas pas déclaré ) surdoué , on se complète bien , pourtant on s’engueule comme tout le monde , on a peu de centre d’intérêt commun , et honnêtement notre couple marche a l’écoute , aux efforts de chacun ;
        un truc a évité , ne pas lancer la discutions  » tu es surdoué et pas moi/tu parles de façon trop compliqué je ne comprend rien  » c’est vexant et culpabilisant , tu dit que ton compagnon te demande du temps , sache que l’inverse est surement vrai ; le meilleur moyen de continué est pour moi de rester a l’écoute de l’autre , de montrer son amour etc … je ne t’aide pas beaucoup mais j’espère que ça t’éclairera

        Répondre
  2. A-

    Merci pour votre page web !

    En lisant ces lignes le cas du faux-self m'a vraiment parlé

    J'ai senti en moi même ce faux self depuis plusieurs années et je suis en train de m'accepter telle que je suis et d'arriver à l'enlever

    Je n'en avais jamais entendu parlé ailleurs c'est la première fois ici, aujourd'hui

    La bonne nouvelle c'est qu'il s'en va quand on est prêt à s'accepter et à vivre la vie telle que nous la voyons et l'entendons pour nous même à travers nos propres yeux car oui tout est différent en terme de perception (et on peut l'étendre à chacun d'entre nous!) on est tellement dans notre univers et on est tellement à nous le reprocher en prime !!! (ça a été mon cas)

    Le principal est d'arriver à s'aimer et se respecter avec cette belle différence qui fait de nous ce que nous sommes tellement dans notre propre perception, notre propre fonctionnement que la vie peut devenir des plus merveilleuses

    Je suis en échec scolaire depuis bien des années (je parle au présent alors que j'ai arrêté les etudes il y a bien des années) avec parfois des copies miraculeuses en terme d'écrit lorsqu'il était admis de n'utiliser aucune méthode et que je pouvais laisser libre cours à ma façon de faire. La plupart des "copies" du bac un % de la note est évalué sur la méthode. Je conçois la vie et ressens la vie d'une telle façon qu'il est impossible pour beaucoup de la concevoir et de l'accepter. Le coefficient émotionnel/sensible face à cet autre type d'intelligence tout comme l'intelligence intuitive sont certainement très élevé, en tout cas je suis de ce profil. Un jour j'ai fait un "test QI" dans un magazine, ça m'a été difficile dans le sens où je ne supporte pas être évaluée mais j'ai réussi à m'amuser et je suis arrivée à 140 … je ne savais pas si c'était élevé. je ne pensais pas que c'était "si élevé" d'ailleurs je ne sais pas trop ce que ça veut dire xD, je crois que ça ne veut rien dire en vérité ^^ je n'aime pas le terme surdoué qui pour moi ne veut rien dire, je dirais, sensiblement différent, sensitivement différent :) . enfin je n'ai jamais été déclarée, ou même détectée et encore moins comprise, pour la famille et les enseignants et les élèves de la classe (alors là pire que tout) j'étais juste anormale et je me sentais mal. j'ai passé des années de ma vie à souffrir ^^ surtout d'aller à l'école, j'étais devenue inapte à m'accepter et même à me "regarder"

    J'ai essayé d'aller suivre des études après le bac (que j'ai obtenu dans une souffrance sans nom et inhumaine parce qu'on me forçait à suivre des cursus dont je ne voulais consciemment pas depuis la maternelle et pire le cp!)  mais rien n'y faisait je n'y arrivais pas et je ne comprenais plus pourquoi je n'y arrivais pas "comme tout le monde". Pourtant tout le monde me voyait comme "intelligente". Je ne  m'y forcerai plus jamais, les cursus ne sont pas pour moi, je suis apte à apprendre de moi même tout ce que je souhaite, même si quelqu'un doit pratiquer avec moi (à sa sauce)

    Exemple pour la musique je peux apprendre avec un musicien et je vais être incapable et dans le refus de suivre un cours de solfège (suite et conséquence du matraquage scolaire ? ^^)

    De toute façon je suis en intuitive je peux apprendre ainsi en m'amusant !

     

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  3. Clotilde

    Bonjour. Merci pour cet article. D’après mon expérience personnelle, j’ai observé 3 catégories de « surdoués », fondées sur leur rapport à la société…. Les surdoués « bizarres » (végétariens, artistes) ; Les surdoués « ratés » (addictions pour oublier, rejet du monde) ; Les surdoués hyper-adaptés OU juste épanouis en société (BAC + 5 ; amis idem)… Désolée les titres sont un peu à l’emporte pièce, j’espère que je ne vexe personne. Il y a dans ma famille (cousins….) beaucoup de surdoués « bizarres » et « adaptés »… moi j’ai surtout eu des amis « ratés » qui ne faisaient pas grand chose de leur vie mais avec qui on se comprenait (et j’ai fait 12 ans de boulimie). Concernant les hyper adaptés, je ne crois pas qu’on puisse complètement s’adapter au monde actuel sans se renier (société de consommation, intolérance, exploitation des hommes et des animaux par l’homme…).

    Pour moi, la clé de l’épanouissement a été de rencontrer un conjoint qui me comprend et me soutient ; des amis intelligents, empathiques mais quand même un peu adaptés ; et un mode de vie équilibré et un travail approprié (pas toujours facile avec l’hypersensibilité !) ; Les déclics : mon mari et ma fille. Avoir un enfant m’a ancrée, c’est indéniable… L’amour maternel, cela doit être la seule chose au monde que je ne remets pas en question, et ça fait du bien.

    J’espère que des sites comme ceux ci aident certains à y voir plus clair… Pas facile pour tout le monde, on fonctionne pas tous pareils ! Merci en tout cas, et bon courage à tous !

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  4. Clotilde

    En fait donner des titres à ces trois catégories est un peu stupide… Il y a juste 1. Ceux qui s’adaptent à la société telle qu’elle est ; 2. Ceux qui n’y arrivent pas ; 3. Ceux qui se créent leur réalité… Peut-être que la catégorie 2 n’a pas encore fait le deuil d’une vie « normale », ce qui l’empêche d’évoluer dans la catégorie 3…

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  5. sylvie

    juste un petit mot pour dire que j’ai trouvé votre article vraiment très pertinent et int2ressant. Je suis maman d’une jeune femme de 22 ans, précoce, et d’un garçon de 15 ans en décrochage scolaire pour cause d APIE (je préfère ce terme à tous les autres). J’ai trouvé ici des infos que je n’avais jamais lue auparavant, notamment sur certaines caractéristiques comportementale des surdoués. Et comme depuis des années on se moque gentiment de moi quant à ces mêmes caractéristiques, du coup je me demande si je ne devrais pas me faire tester…il serait temps à 50 ans…

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  6. Jack

    Bonjour et merci pour ce très intéressant article. J’y trouve la réponse à un certain nombre de questions que je me pose sur moi-même. Je découvre aussi des caractéristiques qui me « collent » comme la pensée arborescente. C’est exactement la façon dont je fonctionne.
    L’attrait pour des centres d’intérêt dans lesquels je m’investis à fond. J’aime comprendre, et depuis l’enfance je suis d’une grande curiosité. Encore aujourd’hui à 63 ans je me passionne pour les nouvelles technologies.
    Je peux cependant passer du temps à rever, procrastiner…
    Je sui très lucide sur bon nombre de sujets, de situations, de personnes, ce qui ne m’a pas empêché de tomber dans la situation de « victime » d’un pervers narcissique, un vieux pote de 25 ans. Raison sans doute pour laquelle je ne l’ai pas décelé plus tôt. Cela m’a amené à me documenter sur ce qu’ils sont.
    Je vous remercie beaucoup sur cet article très documenté, et très éclairant sur la douance des adultes qui s’ignorent comme tels. Bien plus éclairant que les articles de psys écrits pour les professionnels de la profession et les journalistes.
    Il est rassurant de savoir qu’on n’est pas seul dans ce cas de questionnement.
    Merci Arnand.

    Répondre
  7. Helene

    merci…. le meilleur article que j’ai lu sur nous les zèbres. Tres bonne synthèse. La prochaine fois que je me sens prete à dévoiler mes rayures à quelqu’un, je saurai quelle lecture lui donner!

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  8. audvard

    Merci de vos mots. voilà quelques années que je chemine avec une psychiatre pour soigner une dépression. Celle ci est bien diminué, mais je tournais en rond.

    Je m’occupe d »enfants déscolarisés dans une association, ma référente dans l’asso m’a parlé d’une conférence sur les personnes atypiques. Elle abordait le sujet de façon différente et je me sentais visé, mais vraiment caractérisé par ses descriptions. J’ai commencé à en parler à mon psy qui ne m’a pas réfuté dans cette nouvelle approche de moi même.

    Depuis, je fouille, je lis. Je me rend comte de ce que je suis et que je savais pas ce que j’étais. Et pourquoi toutes ces souffrances. Ces lectures, mais surtout la vôtre, me donne une cohérence, je ne me ressens plus comme l’image d’un kaléidoscope. En vous lisant, je viens de lâcher des flots de larmes. Non que ce que vous écrivez est douloureux, c’est libératoire, mais ma mémoire m’a remonté beaucoup de souvenirs et d’émotions.

    Cependant, il me reste à trouver les modes de fonctionnement adaptée à ma vie, et à les imposer ; d’abord à moi -même …. toute une éducation à refaire.

    Merci.

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  9. Caroline Baïnachi

    Merci pour cet article passionnant. Je crois que j ai un zebre à la maison mais comment en etre sure ? Nous habitons le sud seine et marne et qu il est difficile de trouver des gens avec qui parler du veritable état de notre fils, qui a 17 ans est en grande souffrance malgré sa vive intelligence.
    Avez vous une adresse ou une direction à nous donner pour l aider.
    Merci beaucoup.
    Caroline

    Répondre
  10. Dominique

    Bravo et merci pour votre article.
    Aujourd’hui nous vivons dans notre petit monde qui vise à l’uniformisation, à créer des modèles, des standards : la réussite professionnelle, posséder des biens, répondre à des critères physiques ….
    C’est le syndrome de l’Iphone qui est socialement devenu un point de repère.
    En meme temps, il y a des appels à la tolérance envers les personnes différentes : différences de couleur de peau, de cultures, de taille, de poids, handicap…Il faudrait donc que notre belle société s’interroge sur la tolérance envers les personnes intellectuellement différente et surtout sensibiliser davantage les psy (psychologues et psychiatres)
    Réaction d’un psychiatre après lui avoir évoqué la question de la douance : « si vous êtes surdoué, vous êtes mieux armé que les autres pour régler vos problèmes » Mon dieu, les psy ont tout abandonné au DSM4.
    Toujours est il que quand on se sent, qu’on se sait différent & rejeté, vous avez là un bon début de dépression et de risque de suicide. Pour aider un zèbre, commençons simplement à l’accepter.
    Dominique

    Répondre
    1. Soo

      Bonjour,

      Merci, pour cet article très complet.
      Je n’ai jamais su si j’étais, ou si je suis une personne dite « surdouée », mais, en tout cas je cadre parfaitement dans cette personnalité atypique.
      42 ans (36 a vrai dire :)) que je me pose la question, 42 ans que mon cerveau bouillonne dans tous les sens. L’ennui à l’idée de devoir donner le change à des discussions banales, la solitude que j’affectionne, la rêverie, la procrastination parfois, les sources d’intérêts qui peuvent sauter du coq à l’âne, l’envie d’exprimer, de materialiser mes émotions tellement elle me semble fortes….
      Je me sens bridée. J’ai maintes fois pensé à passer le test de QI. Mais si il s’avère que je ne suis pas « surdouée », je me serais donc complètement trompée ?
      Et donc ce sentiment de décalage que je ressens ?
      Bref, vous l’aurez compris, je me prends la tête dans des prises de têtes. Je vois mon cerveau comme une boîte de Pandorre , mais, ça c’est mon côté cynique :)

      Répondre
  11. Isabelle

    Bonsoir,

    Et oui, moi-aussi, je tiens à vous dire merci car votre article est une véritable reconnaissance à cette différence qui est très loin de nous rendre la vie facile.
    J’ai 42 ans et le rejet des personnes dites « normales » m’a toujours accompagnée. Pour me faire aimer, je me suis effacée,et j’ai pris la casquette que l’on voulait que j’ai avec peine et frustration.
    Il y a 2 ans, une psychologue a tout de suite compris mon fonctionnement mais m’a dit avec beaucoup de regret que le monde dans lequel nous vivions ne permettait pas que cette différence soit exprimée pleinement à chaque heure du jour ou de la nuit. Au travail, je n’avais pas le choix que de dire « non, je ne sais pas répondre à la question » ou bien « je n’ai pas la solution au problème ». Je devais mentir pour que mes collègues ne se sentent pas moins « intelligents ». Je déteste ce terme d’intelligence car je ne suis pas plus intelligente que les autres, je résonne juste différemment et bien plus rapidement.
    Il y a quelques jours, ma maman m’a fait part de son étonnement quand à tout ce que je savais faire (très varié). A cela, j’ai eu envie de lui dire qu’elle m’avait bridée toute ma vie et que j’étais triste d’avoir tellement en mémoire toutes ces fois où elle m’avait montrée du doigt par honte d’avoir une enfant « différente »….
    Ce soir, mon conjoint m’a fait une crise de machisme, en me reprochant des choses insignifiantes, en pur « mâle dominant ». Tout ca pour quoi ? parce qu’il lui faut trois mois pour repeindre une pièce, qu’avec beaucoup de tolérance et de patience, je l’ai laissé œuvrer mais que pour la deuxième que nous devions faire, j’ai pris les choses en mains et ai bouclé la reprise des murs (grosses lézardes) et la peinture en moins d’une semaine. Monsieur est vexé, je vais beaucoup trop vite pour lui en plus de faire du bien meilleur travail. Gros rejet, aucune reconnaissance et peine immense…. comme d’habitude…..

    Si un génie de la lampe devait m’offrir un seul souhait à réaliser : je lui demanderais celui d’être acceptée, reconnue et aimée pour ce que je suis. Rien d’autre, Uniquement ce souhait-là.

    Isabelle.

    Répondre
    1. Tess

      Bonsoir, je me permet de vous apostropher. J’ai 17 ans, je ne suis certainement pas aussi experimenter dans la vie que vous ( c’est meme un fait) mais je me permet tout de meme une reflexion . Si je suis sur ce blog vous imaginez bien, que c’est, parceque autour de moi on soupçonne ce mode de fonctionnement; je me suis un temps placé comme vous ( permettait d’exprimer d’avance mes paroles cru ) en victime « on ne me comprends pas » « je suis seul » « je suis bridée » ….et puis j’ai comprit. Ce placer en victime c’est juste le début de la fin. C’est tourner en rond sur soit meme . Certe ce fonctionnement n’est pas « commun » ( quoi que dans les faits il y a bien plus de personne que l’on ne le pense ) mais il est tout à fait apprivoisable. Il est de rigueur d’être fort, de ce foutre des coups de pieds aux fesses, et de chercher a s’épanouir personnellement. Le sport, l’apprentissage d’une nouvelle langue, des recherches sur des sujets variés … bref stimuler, utiliser son cerveau ! La reconnaissance ? mais pourquoi ? pour vous aimer ? vous ne devez pas vous aimer CAR vous etes « surdoué » (je hais ce terme non de dieu…rien que ce dernier marginalise ) mais vous devez apprendre a COMPRENDRE cette esprit pour être votre vous. Juste être vous. Et de fait vous aimez.
      C’est en prenant le problème par l’autre coté que vous vous épanouirai . Ne chercher pas la reconnaissance, chercher l’épanouissement . De cette épanouissant naitra votre amour propre, et l’amour des autres vous paraitra futile .Ou tout du moins, moins important .

      Avec tout mon respect, tess.

      Répondre
  12. Leo

    Très beau message Tess. Merci. Je trouve cela très vrai, et magnifique. Et en plus, une clé pour s’aimer. Merci et bravo.

    Merci Arnaud pour cet article bien précis, clair, et abordant différents angles de vue. Très bon article enrichissant.

    Belle journée à vous.

    Répondre
  13. Cy

    Bonjour,

    J’ai trouvé votre article d’une très grande richesse. Je n’avais jamais rien d’aussi clair sur les singularités des humains aux cerveaux arborescents, me semble-t’il, d’aussi justement mis en relief. C’est difficile d’imaginer comment fonctionne un esprit qui n’est pas le nôtre et, quelque personne que l’on soit, cet article permet de prendre de la distance par rapport à soi-même je pense.

    Mon entourage proche a toujours eu des échos et des perceptions qui leur ont permis de savoir ma différence, mais pourtant il n’accepte pas vraiment que je sois différente. Dans l’idée ils ont voulu bien que je sois « quelque-chose_qui_porte_un_nom », mais dans la pratique il ne l’accepte pas, comme si être moi-même était un caprice.

    Quand on incarne cette différence, sans même l’affirmer, il arrive bien souvent que les gens veuillent comme « nous prouvez notre insuffisance », démontrer rhétoriquement que nous ne sommes pas « intelligents » alors même que l’on a jamais affirmé l’être. Je dis « nous » car je pressens qu’il n’y a pas qu’à moi que c’est arrivé. Et j’ai l’impression, malgré le recul sur moi-même, que « l’humilité dans la communication » a le retour pervers de faire parfois douter de soi-même.

    Je ne sais pas comment pensent les gens qui ne sont pas construits comme moi. Mais j’ai l’impression que rares sont les personnes à l’aise avec mon naturel (pourtant peu démonstratif), parce qu’ils y puisent des éléments qui les renvoie à eux-même, à leurs « capacités » et on devient un « pivot de comparaison », quelque chose (et non quelqu’un) qui permet d’objectiver leur potentiel: là où nous ne sommes pas capables, ces personnes se sentent enfin briller: « ça y est, je suis intelligent ». Car là réside le problème, dans l’idée d’intelligence, travestie par la société, et il y a rivalité là où devrait siéger la multiplicité.

    De part mon expérience et mon analyse avec les années, je savais déjà presque tout de ce que vous détaillez avec clarté et équilibre, cependant votre approche « neutre » est apaisante. Et la précision que vous apporter sur le fonctionnement des hémisphères cérébraux me permet de mettre une explication organique sur le ressenti de mon fonctionnement et ses aléas.

    Je me suis permis un peu d’exhaustivité. Je ne sais pas si vous saurez prendre la mesure de la sérénité et même du plaisir sans pareil que j’ai éprouvé en lisant vos explications. Je crois que je les relirai !

    Si seulement le « titres » que l’on donne aux personnes comme moi était moins enviable, peut-être que nous pourrions mieux nous affirmer. Les gens fantasment sur ces dénominations. Tout le monde devrait lire votre article et comprendre que nous sommes des personnes ordinaires, capables de certaines fulgurances comme d’autres sont capables de leurs propres prouesses.

    Je vous remercie beaucoup du travail que vous avez produit ici.

    Très Cordialement,

    Cymophane

    Répondre
  14. Chloé

    Bonjour !

    Merci beaucoup pour cet article qui est très complet, clair et agréable à lire :)
    Je vais aller lire les autres posts sur d’autres sujets, en espérant qu’ils soient aussi clairs :) Bravo !

    Chloé (www.rayuresetratures.fr)

    Répondre
  15. cécile

    merci pour cet article. Peut-être une explication à mon ennui profond et à mes problèmes relationnels amicaux. Je n’avait jamais pensé à cet écart type dans la conversation. il va falloir que je me penche peut-être un peu plus sur la question de cette différence de cablage qui explique peut-être selon une amie mon décalage…

    Répondre

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