Le mythe de la protéine.

Dans la « FAQ » (que vous pouvez trouver en haut du site), j’avais essayé de répondre aux questions pour adresser les craintes les plus courantes, les idées entendues le plus souvent. Mais je n’avais pas parlé de cela car c’est un sujet plus long à aborder. Cet article s’adresse aussi bien aux omnivores qu’aux végétariens et végétaliens. Pour les omnivores et végétariens, vous pouvez aussi voir la « FAQ véganisme » où j’explique ce que vont causer les protéines animales (que ce soit « viandes » ou « produits laitiers ») et pourquoi il ne faut pas en consommer. A partir de là, vous verrez dans cet article pourquoi en réalité, les protéines, même végétales, n’ont pas l’importance qu’on leur accorde habituellement dans cette société.

 

Ainsi, même parmi les végétaliens, on trouve de nombreuses personnes qui vont nous dire :

- Mais tu ne manges pas de légumineuses ?

- Non. 

- Ni de céréales ? 

- Non. 

- Mais alors, et les protéines ?! Car il en faut quand même, des protéines végétales.

  • Faux.

 

C’est là quelque chose qui change totalement la perception de la nourriture : il n’y a aucun besoin de protéine chez l’humain : absolument zéro. Ce dont l’être humain a besoin, ce sont les acides aminés.

D’ailleurs, essayez de trouver une personne, sur Terre, qui soit carencée en protéines. Cela n’existe tout simplement pas car il n’y a aucun besoin en protéine.

Mais alors, si on ne mange que des fruits crus (« fruitarien ») ou des fruits et légumes crus (régime qualifié de « frugivore »), comment cela se passe ? Pourquoi n’ont-ils pas de « carence » ?

La réponse est assez simple : ils n’obtiennent pas les protéines, mais la forme utilisable directement de ce dont nous avons vraiment besoin, les acides aminés.

Vous pouvez vérifier sur les différents sites, il y a extrêmement peu de protéines dans les fruits. Par exemple : 0.4% dans l’ananas, 0.3% dans les pommes, 1,1% dans la banane.

Ainsi et c’est pourquoi les diététiciens ne recommandent pas de manger un régime frugivore et encore moins fruitarien (enfin de toutes façons, ils ne recommandent pas non plus le régime végétalien en France… mais cet article est fait « pour aller plus loin » dans la compréhension de comment tout ceci fonctionne), le régime pourtant naturel de l’homme puisque c’est prouvé par anatomie comparée que nous sommes frugivores.

Donc à partir de là, cela signifie qu’il y a un problème à un endroit, d’où vient cette croyance qu’on serait carencé si on ne mangeait que des fruits ? (Alors que des animaux comme le gorille sont exclusivement frugivores, ils mangent principalement des fruits, quelques racines et autres végétaux et ils se portent très bien. C’est le mammifère le plus fort de la planète par rapport à son poids, pouvant soulever plus d’une tonne alors qu’ils pèsent « seulement » 300kg. Le tout en mangeant presque uniquement des bananes et quelques autres fruits. Etrange non ?)

Le fait totalement oublié de la médecine conventionnelle, ce sont les acides aminés présents directement sous leur forme assimilable dans les fruits ! En quantité parfaitement adaptés aux frugivores tels que nous, l’être humain.

 

Nous savons que ce dont nous avons besoin, ce sont donc ces acides aminés. Mais qu’est-ce qu’une protéine ?

Une protéine est un ensemble complexe d’acides aminés. Il y a longtemps eu ce mythe qu’il fallait des protéines complètes pour avoir tous les acides aminés parce qu’il est pensé, et ce toujours aujourd’hui dans le domaine médical, qu’on ne peut trouver les acides aminés que dans les protéines.

Mais comment se déroulent les analyses en laboratoire pour déterminer les quantités nutritives de chaque aliment ?

Pour déterminer les quantités de chaque chose, les scientifiques doivent utiliser des procédés tels que l’hydrolyse. Par exemple, pour déterminer combien il y a d’acides aminés dans les protéines, ils vont chauffer, au minimum à 100°C la substance analysée, puis la séparer. Seulement après, nous sommes capables de déterminer quelle quantité il y a d’acides aminés dans telle ou telle protéine.

Et c’est là l’origine du mythe : la science moderne ne sait pas analyser le vivant !

A chaque fois que nous voulons analyser une chose, il faut la cuire, impérativement. Les tissus vivants, la technologie n’existe pas pour déterminer exactement ce que cela contient, cela n’a pas encore été inventé.

A partir de là, et certains auront déjà compris, cela a des tas d’implications, pourtant non prises en compte.

Nous savons que la moindre cuisson, et de plus en plus avec l’élévation de la température, la majorité des nutriments vont être détruits.

C’est ainsi que c’est même reconnu par la science médicale que cuire les légumes va détruire les nutriments anti-cancer (parmi les premiers à partir), cela va détruire de même une grande partie des vitamines. Et avec les températures hautes, cela va même détruire les choses plus complexes, comme les protéines.

Ce dont presque personne ne parle, ce sont des acides aminés et là encore, c’est connu pourtant dans le milieu scientifique que ne serait-ce qu’avec l’hydrolyse utilisée pour préparer les protéines à être analysées, une partie non négligeable des acides aminés seront détruits, alors qu’ils faisaient partie de ce complexe.

Le problème est que sans partir de la protéine : nous ne savons pas trouver les acides aminés ! Il faut tout cuire pour faire les analyses, donc lorsque l’on va cuire les fruits, les acides aminés seront inévitablement détruits et du coup, il ne reste plus grand-chose à analyser. Les fruits étant parmi ce qu’il y a de plus fragile. Par rapport à la chaleur : un fruit n’y résiste pas, ce n’est pas fait pour être cuit, c’est fait par la nature, pour qu’il soit mangé comme cela dans l’arbre (ou le buisson, ou la plante) sur lequel il pousse. Et c’est son unique raison d’être ainsi : attirer puis nourrir les animaux.

Ainsi, nous comprenons de suite pourquoi le fruit n’est pas intéressant du point de vue de la médecine [Note : Les légumes sont compris avec les fruits ici]. Les nutriments anti cancer sont détruits lors de l’analyse, les acides aminés de même, les vitamines en grande partie de même… Que reste-t-il ? Les fibres. Et je suis sûr que vous avez déjà entendu de nombreuses personnes vanter les mérites des fruits et légumes uniquement par rapport aux fibres ! Vous avez maintenant l’explication de cette erreur extrêmement réductrice : c’est la seule chose qui survit bien à la chaleur et donc qui peut être analysée par la technologie actuelle.

Mais ce n’est pas parce qu’on ne peut pas analyser certaines choses qu’elles n’existent pas. Nous savons que la cuisson détruit cela, ce n’est pas comme si c’était une invention d’une chose irréelle ! (Rien à voir avec le rhinocéros de la physique moderne. — cf. article « Problèmes avec le modèle cosmologique standard, une alternative ? » dans la partie sciences.)

 

De plus, nous savons donc que nous sommes censés manger un régime frugivore (puisque c’est le régime adapté aux… frugivores). Mais alors qu’est-ce que cela peut faire de manger des protéines ?

Ce n’est pas adapté, ce n’est pas directement assimilable, donc en fait, cela demande un effort à l’organisme. De même que pour déterminer la quantité d’acides aminés, il y a plusieurs étapes (dont celle de l’hydrolyse), dans l’organisme c’est pareil, il faut qu’il sépare les acides aminés avant de pouvoir les utiliser. Donc, c’est moins digeste, moins sain car il y a l’effort supplémentaire à fournir à partir de la protéine.

Nous savons aussi aujourd’hui que les régimes alimentaires qui contiennent de hautes quantités de protéines sont en réalité très dangereux pour la santé. Il y a un rapport inversement proportionnel entre la teneur en protéines du régime et l’espérance de vie.

Etrangement, ou non, presque personne ne parle des acides aminés… Pourtant il y a de plus en plus de gens qui vivent à base d’un régime alimentaire cru, frugivore, naturel : soit uniquement à base de fruits, soit à base de fruits et de légumes. Et, ils ne sont pas carencés. Beaucoup sont extrêmement sportifs, les témoignages sont légions maintenant sur internet. En dehors des moteurs de recherches, vous pourrez en trouver plein grâce aux outils de partage comme « youtube ». (Il y en a aussi beaucoup qui se mettent à vivre sainement pour perdre du poids et c’est radical. Ca fonctionne chez strictement tout le monde car c’est une alimentation saine, prévue pour nous, êtres humains. Et pour ça aussi, vous en trouverez facilement des témoignages. Surtout aux Etats-Unis où les gens commencent à bien comprendre que vivre sain vaut vraiment le coup et ne présente que des avantages !)

Ce qui est « génial » de plus avec le fait de manger ce que la nature avait prévu pour nous, c’est qu’il n’y a pas à se soucier de quoi que ce soit : il suffit de manger à sa faim, il n’y a aucune prise de tête. A moins de manger en quantités énormes, sans faire d’activités physiques, c’est impossible d’être en surpoids et encore plus impossible d’être obèse en mangeant frugivore ou fruitarien.

 

Dans tous les cas, même si vous rejetez tout ceci sans même chercher à le vérifier par vous-même, peut-être parce que cela vous dérangera car c’est trop loin des idées reçues de la société, pensez à ceci :

Il n’existe aucune personne qui souffre de carence en protéine : cela n’existe pas (de la planète entière !). [Note : Il existe des cas où des personnes mourant de faim vont être dans un état grave de malnutrition, mais les carences sont globales et elles souffrent en premier de carences en vitamines et minéraux. Ou encore, c’est la combinaison de carences en une vitamine et un acide aminé qui cause la maladie, comme dans le cas de la pellagre. Toutefois, de « protéine », il n’existe pas de carence.]

Il existe des tas de carences en vitamines, en nutriments parce que les gens mangent omnivore et n’importe comment de plus, avec l’explosion de consommation de malbouffe. Mais de « protéines », non. Il n’y a pas, tout simplement.

 

7 réflexions au sujet de « Le mythe de la protéine. »

  1. Bob

    Bonjour, vegetalien depuis quelques mois , je m interesse de plus en plus a notre alimentation, ainsi qu au bien etre et la bonne santé que l alimentation peut apporter. Votre article est interessant, et m interpelle, cependant je me demande dans le cadre d une alimentation pour sportif, je veux dire par la, lorsque quelqun aimerait prendre de la masse musculaire. Est ce que une alimentation frugivore est suffisante. merci.

    Répondre
  2. Damien

    Article intéressant. Petite remarque cependant : l’unique fonction des fruits n’est pas de nourrir les animaux comme tu le suggères, mais elle est de perpétuer l’espèce végétale à laquelle appartient ce fruit…

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    1. ArnaudP Auteur de l’article

      Merci pour le commentaire.
      Je parlais du fait qu’ils ont toutes les caractéristiques qui permettent aux animaux de s’y intéresser : couleur, goût, texture… et contenant tous les nutriments dont nous avons besoin.
      C’est la fonction de la partie qui nous intéresse et elle n’a pas d’autre raison d’être que de subvenir aux besoins des animaux afin qu’ils disséminent les graines qui permettront à la plante de se reproduire.

      J’ai reformulé en modifiant le mot « fonction » en « raison d’être » puisque apparemment ce n’était pas assez clair, mais je maintiens que c’est la seule raison d’être nourrisant du fruit : permettre à l’animal de survivre car la reproduction de la plante dépend aussi de la survie de l’animal.
      C’est la symbiose entre règne animal et règne végétal. La fonction de la partie comestible du fruit est de nourrir l’animal, pendant que la fonction de reproduction de la plante est assurée par la graine que l’animal dissémine après s’être nourri.

      Répondre
      1. Damien

        Je comprends ce que tu veux dire car j’ai moi aussi pensé de cette manière jusqu’à récemment, mais une discussion avec un passionné de préhistoire m’a fait relativiser les choses.
        En fait la nature n’aurait rien « prévu » pour nous. La nature n’aurait pas créée des arbres fruitiers de façon a ce qu’ils nous attirent, mais elle aurait créée des dizaines de milliers d’espèces végétales, et seule les espèces les plus adaptées auraient survécu. Ainsi le fait que des arbres fruitiers survivent grâce au fait que nous mangions leurs fruits et que nous disséminions ainsi leur graines serait donc dû au hasard et non à une « volonté » de la nature.
        Cependant, je pense moi aussi que les fruits et légumes sont tout de même ce qu’il y a de plus adaptés à la consommation humaine, non pas parce que c’est ce que la nature a prévu pour nous, mais parce que c’est cette nourriture que l’homme a majoritairement consommé pendant des dizaines de milliers d’années, ce qui fait qu’elle est la plus adaptée à notre organisme.
        Au plaisir d’avoir ton avis là-dessus.

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  3. Frédéric STOL

    Bonjour,
    Je suis perplexe et curieux d’approfondir le sujet de la protéine en dehors de l’alimentation animale et végétale, c’est à dire dans les fruits, mais il y a une affirmation qui est fausse : il y a bien des carences en protéines dans le monde moderne.

    Tous les plats préparés sont riches en graisses, en sucres et pauvres en protéines.

    Donc oui il y a des carences en protéines, oui les protéines animales sont dangereuses à grandes quantités, et oui j’aimerais bien connaître la quantité d’acides aminés dans les fruits pour pouvoir les conseiller

    En espérant que la technologie évolué rapidement afin de donner des chiffres indiscutables.

    Merci pour cet article

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  4. nad

    Bonjour,m’interessant depuis quelques temps au régime frugivore et crudivore,vous dites que les fruits sont riche en acide aminée.
    Mais si on ne peut pas encore le démontrer comment en être aussi sur?
    Je ne sais pas les quantités absobé par un gorille mais il est clair que si il mange 10kg de verdure ou plus il aura toute ses proteines puisque environ 2 à 4 gr de proteine pour 100gr de verdure.
    Mais l’homme???

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