L’Europe, est-elle démocratique ? (Et explications du système monétaire.)

Je me dois de rappeler que je m’efforce simplement d’apporter des points de vue différents de ceux des médias traditionnels. C’est un sujet qui doit amener chacun, en tant que citoyens que nous sommes, à réagir.

Cette fois, nous allons parler de notre système ‘démocratique’.

Alors oui c’est un grand mot, plus concrètement nous allons parler d’Europe, bien évidemment de l’ancien traité constitutionnel, du soit disant « mini » traité de Lisbonne, de ce qui est en train de se produire suite au vote négatif du peuple Irlandais. Mais nous allons aussi pouvoir parler de beaucoup d’autres choses qui sont liées et qui nous concernent tous dans notre quotidien et ainsi des dangers que cela représente.

Internet est aujourd’hui le seul moyen de communication qui permette de parler librement. C’est pourquoi, nous devons utiliser cet outil de communication qui est aujourd’hui indispensable à la libre pensée.

Mon seul souhait en écrivant cet article, comme d’habitude, est d’arriver à toucher votre esprit critique, que vous vous posiez des questions, que vous réfutiez ce que j’avance si vous ne partagez pas mon point de vue et ainsi qu’on puisse tous avancer. Je ne souhaite absolument pas voir des gens qui croient ‘bêtement’ ce que j’avance.

C’est un très gros dossier que nous abordons là, j’aborde seulement la partie émergée de l’iceberg, mais sur la scène du pouvoir, il y a énormément à dire.

 

Tout le monde connait la définition de la démocratie, c’est-à-dire le pouvoir appartenant au peuple. Mais j’ai remarqué que moins de monde ne connaissait le sens d’une constitution. Alors qu’est-ce donc qu’une constitution, quel est son but ?

En fait, une constitution est une loi fondamentale qui fixe les règles entre les gouvernants et les gouvernés. C’est le texte qui permet de protéger le peuple de possibles dérives de son gouvernement. La constitution est cette défense du peuple qui assure la séparation des pouvoirs. Bref, une constitution est faite pour limiter le pouvoir des gouvernants afin de prévenir de tout abus.

Depuis 2005, nous voyons que nos élus veulent faire adopter un traité constitutionnel qui n’est autre qu’une constitution au niveau de l’Europe. Ce n’est pas parce qu’on l’appelle traité que le contenu n’a pas valeur de constitution et dans le cas présent, c’est clairement une constitution. Dans un premier temps, il faut garder en mémoire qu’un traité européen a une valeur juridique supérieure aux lois des pays constituant l’Union. La population d’un pays membre de l’Union Européenne ne peut pas aller contre ce qui est inscrit dans ces traités.

 

Déjà, tout le monde devrait être en train de hurler « Stop ! ». Pourquoi ? Simplement parce que ce sont les hommes au pouvoir qui sont en train d’écrire la constitution qui est sensée limiter leur propre pouvoir !

Vous allez me dire que vous avez confiance en eux, que vous les avez élu pour vous représenter. Justement, parlons des élections. Le système même des élections consiste en quoi ?

Ce sont des candidats qui vont devoir mentir pour être élu, un candidat qui dit la vérité ne sera pas élu, c’est évident. Posez-vous cette question, avez-vous déjà vu une seule fois un élu qui tienne toute sa parole ? Un seul élu qui n’a pas promis des choses que tout le monde sait impossible ? Ce n’est pas leur faute sur ce point, c’est le système qui est comme ça, il faut mentir pour pouvoir être choisi. Si nous disons la vérité, alors nous sommes mis de coté puisque ça n’intéresse personne.

Maintenant prenons le cas de la France, pour mener une campagne présidentielle, il faut pouvoir se faire entendre, se rendre un peu partout pour présenter son programme. Cela coute très cher. En France, tout le monde ne peut pas se présenter, seuls les membres de grands partis peuvent le faire. Après, il entre en jeu un autre problème, le financement des candidats. Ce sont de grosses entreprises qui vont aider certains candidats à accéder au pouvoir, nous pouvons prendre l’exemple de Lagardère qui possède la plupart des médias en France. Déjà, les médias ne devraient pas pouvoir être rachetés par un groupe, c’est évident. Comment peut-on parler d’objectivité des médias lorsqu’ils sont possédés par un groupe qui cherche seulement à faire du profit ? C’est tout simplement inconcevable.

Une fois le candidat élu, il est évident que les groupes ayant financé vont attendre le renvoi de l’ascenseur. Et ils savent qu’ils auront ce renvoi d’ascenseur. Simplement parce qu’on peut être élu plusieurs fois. Donc, les élus auront toujours besoin de ces groupes pour les élections suivantes. Ainsi, il faut qu’ils renvoient la pareille s’ils veulent que le groupe les soutienne lors des élections suivantes. Le système même de l’élection est voué à être corrompu.

 

Une élection, c’est choisir une personne de l’élite, choisir la meilleure. L’élection démocratique est un oxymore. Il ne peut y avoir d’élection démocratique, c’est totalement contradictoire.

Souvenons-nous, parce qu’on ne nous l’apprend pas à l’école. Ils se gardent bien scrupuleusement de nous apprendre les points vraiment importants et décisifs de notre histoire. Qui a donc décidé que ce serait un système d’élections suite à la révolution de 1789, il s’agit de Sieyès en France, et Madison aux Etats-Unis qui étaient des élus !

Alors évidemment qu’ils allaient proposer le système qui leur a permis d’accéder au pouvoir. C’est pour cela qu’il ne faudrait jamais laisser les hommes au pouvoir choisir de la façon dont on accède au pouvoir.

Aussi, Aristote disait que la politique ne devait surtout pas être un métier. La rotation des charges est nécessaire pour qu’une démocratie puisse exister.

Comme nous le savons tous, le pouvoir corrompt, ça monte à la tête. Au début une personne peut avoir de très bonnes intentions, elle peut être intègre et honnête (même si dans le domaine de la politique…), mais si elle reste trop longtemps au pouvoir, elle va être transformée. Ce n’est pas sa faute, c’est dans la nature humaine de se laisser séduire puis corrompre par le pouvoir (très rares sont les gens vraiment incorruptibles et ils ne choisiraient de toute façon pas ce domaine). Il faut donc éviter que des personnes puissent y rester longtemps. Il ne faut pas oublier que la démocratie selon Aristote tenait à l’amateurisme, à la rotation des charges, il faut que les politiques soient désintéressés du pouvoir. Et ce n’est pas grave s’ils sont un peu moins compétents, au moins ils sont honnêtes ! C’est le plus important. C’est ce qui permet de se protéger de la tyrannie. C’est donc nécessaire à une démocratie.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement. Il ne faut pas de cumul des mandats, il ne faut pas de renouvellement des mandats, il faut des mandats courts. En plus de la rotation des charges, pour avoir une démocratie, il faut qu’il y ait des contrôles. Et il faut qu’il y ait la reddition des comptes, qu’il y ait une sanction lorsqu’ils ont fauté, lorsqu’ils ont menti, donc qu’ils n’ont pas respecté les gens qu’ils représentaient. Lorsque j’entends qu’il y a une possibilité pour le peuple de sanctionner, en votant… mais réfléchissez ! Alors on élit quelqu’un, après pendant son mandat, il fait ce qu’il veut sans qu’on ne puisse rien dire contre avant les prochaines élections ?! Ce n’est pas la démocratie ça ! En quoi le peuple a du pouvoir dans un tel cas ? Cela s’appelle une oligarchie.

 

Lorsque nous lisons une constitution, il faut garder tout cela en tête, savoir si c’est vraiment démocratique, vérifier qu’il ne puisse y avoir de dérives, vérifier qu’elle nous protège bien des abus de pouvoir, de la confusion des pouvoirs.

Lorsqu’un français parle de confusion des pouvoirs en Europe, on lui dit de se taire parce qu’il a la même chose dans son pays. En effet, depuis la constitution de 1958, qui a fait crier au scandale tous les juristes, il y a le pouvoir règlementaire. C’est-à-dire que l’exécutif peut proposer des décrets, des arrêtés qu’il va appliquer lui-même. C’est un cas d’école de ce qu’est la confusion des pouvoirs.

Alors, vous êtes déjà en train de vous demander où il y a une telle confusion des pouvoirs au niveau de l’Europe. Il suffit de chercher les actes non législatifs et les procédures législatives spéciales. En fait, en termes plus simples, ce sont des lois sans parlement. Ils ont nommé ces lois ainsi pour nous induire en erreur. C’est-à-dire que le parlement n’a même pas son mot à dire. Il faut chercher parmi des milliers de pages pour les retrouver, mais il y en a beaucoup. Par exemple pour le droit du travail, pour la concurrence commerciale. De quel droit ont-ils jugé que le parlement n’avait pas son mot à dire sur ces sujets ? Et encore, même quand le parlement a son mot à dire, ce n’est pas lui qui choisit les sujets, c’est un organe non élu qui les choisit, et le parlement montre son accord ou son désaccord. C’est comme ça que fonctionne l’Union Européenne. Nous pouvons nous demander pourquoi il n’y a aucun débat à ce sujet ? Je n’ai pas mémoire qu’on nous ait demandé notre avis, mais on nous l’a imposé.

 

Alors effectivement, le traité constitutionnel et le « mini » traité de Lisbonne renforcent un peu le parlement qui reste très faible. Sauf que ça bloque totalement le système.

Avant de continuer plus loin, je viens d’aborder le sujet du ‘mini’ traité de Lisbonne. On entend aussi souvent parler du traité dit « simplifié ». Je ne sais pas si vous l’avez lu, mais moi j’ai essayé, il n’est ni mini, ni simplifié. Bien au contraire, il est très technique, il faut se référer sans cesse aux différents traités et modifier nous même ces traités avec les nouveaux amendements pour en comprendre toute la teneur. C’est illisible pour une personne qui n’a pas un minimum de connaissances en droit.

On retrouve tous, j’ai bien dit tous les points du traité constitutionnel, pas un n’a été retiré. Mais le plus dramatique dans tout cela, c’est que les chefs d’Etats d’Europe se félicitent du fait qu’ils ont réussi à proposer exactement le même traité et à le faire accepter.  On a par exemple entendu en France, Giscard se féliciter du fait que c’est le même traité, je le cite :

 « Dans le traité de Lisbonne, rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée, en utilisant un modèle ancien qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l’on cherche.

Il est illisible pour les citoyens, qui doivent constamment se reporter aux textes des traités de Rome et de Maastricht, auxquels s’appliquent ces amendements.

On est évidemment loin de la simplification. Il suffit de consulter les tables des matières des trois traités pour le mesurer ! Quel est l’intérêt de cette subtile manœuvre ? D’abord et avant tout d’échapper à la contrainte du recours au référendum, grâce à la dispersion des articles, et au renoncement au vocabulaire constitutionnel. »

Je ne vois rien à ajouter, ils s’en félicitent. Ils se félicitent de violer les peuples. Et c’est tellement gros que personne n’en parle. Plus c’est gros et moins ça choque…

C’est ce que disait Mcluhan : « Seuls les petits secrets ont besoin d’être protégés. Les grands sont tenus secrets par l’incredulité du public. »

 

Il y a eu des mouvements, des révoltes de la popultion pour bien moins que ça dans l’histoire, et pourtant aujourd’hui, on ne dit rien.

Revenons à ce traité de Lisbonne. Nous entendons partout qu’il a déjà été ratifié par 18 nations, au moment où j’écris ces lignes. Alors déjà, il n’a pas été ratifié par le peuple français, on ne lui a pas demandé son avis, on lui a imposé un traité constitutionnel contre lequel il avait voté non en 2005 !

Il y a un peuple qui a eu le droit à un référendum, le peuple espagnol. Ils l’ont accepté. Je pense qu’il est nécessaire de revenir aux conditions dans lesquelles le référendum a été organisé en Espagne. Il n’a pas été donné aux espagnols la partie 3 du traité, on leur a donné les parties, 1, 2 et 4, mais pas la partie 3. Ils ont voté un traité dont ils ignoraient totalement l’existence d’une partie 3 ! Ils ont dû juger que le peuple n’aurait pas été capable de le comprendre. Comment peut-on laisser faire une chose pareille aussi ouvertement ?

En France, nous votons « non », deux ans plus tard, on nous impose le même traité contre notre avis et c’est normal, ça ne choque personne. On nous prive de nos droits les plus fondamentaux mais c’est normal. J’entends tous les jours des gens vanter notre « belle démocratie », la meilleure démocratie qui existe. Avec ce que vous venez de lire, pensez-vous toujours que nous vivons en démocratie, que le pouvoir appartient au peuple ?

J’entends aussi souvent les gens dire qu’il existe un contre pouvoir, qu’il existe un système de sanction du gouvernement par le peuple. Vous croyez honnêtement que de voter pour un ‘pourri’ à la place d’un autre va les sanctionner ?

 

En parlant de cela justement, voyons ce qu’il s’est produit récemment, vous comprendrez mieux pourquoi je suis si révolté.

Lorsque le traité de Lisbonne a été ratifié par voie parlementaire, il y a eu un vote au parlement européen pour adopter ou non un amendement. Je vous montre l’amendement en question (bien entendu, vous pouvez retrouver tous ces textes sur les différents sites de l’Union Européenne) :

« s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais »

 

129 députés européens ont voté POUR cet amendement. 12 députés français ont voté pour :

  • Parti Communiste : Hénin, Jouye de Grandmaison, Wurtz
  • Parti Socialiste : Laignel
  • Liste de Philippe De Villiers : Couteaux, Louis, de Villiers
  • Front National : Golnisch, Lang, Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, Le Rachinel.

(Je m’abstiendrai de tout commentaire sur les raisons pour lesquelles ils ont voté pour, ce n’est pas la question. Mais pensez bien que ce n’était probablement pas dans l’intérêt du peuple… Surtout quand on voit certains noms dans cette liste.)

 

Et 499 (!) députés ont voté CONTRE cet amendement. Parmi, 46 députés français :

  • Centristes (MoDem et Nouveau Centre) : Beaupuy, Cornillet, Fourtou, Gibault, Griesbeck, Laperrouze, Lehideux, Morillon
  • UMP et Divers Droite : Audy, Daul, Descamps, Fontaine, Fouré, Gaubert, Gauzès, Grossetête, Lamassoure, Mathieu, Morin, Sudre, Toubon
  • Ecologistes (Les Verts) : Aubert, Benahmias, Lipietz
  • Parti Socialiste : Arif, Berès, Bourzai, Carlotti, Désir, Douay, Guy-Quint, Hazan, Le Foll, Lefrançois, Navarro, Neris, Patrie, Peillon, Poignant, Pribetich, Savary, Schapira, Vaugrenard, Vergnaud, Trautmann, Weber.

 

C’est la liste de la honte. Ils ont voté contre les droits d’un peuple, afin que la voix du peuple soit ignorée !

Vous remarquerez que peu importe le parti, ils sont totalement corrompus par le pouvoir et veulent écraser le peuple et ne comptent pas l’écouter. Ils sont censés représenter le peuple, ils devraient donc protéger nos droits, or ils font l’inverse, ils agissent uniquement dans leur propre intérêt (et celui de leur ‘copains’). Ils n’agissent absolument pas dans l’intérêt général. Ils ne veulent pas être contrôlés.

Alors bon, si vous lisez les informations non censurées, vous avez vu que le peuple Irlandais, tout comme les peuples français et hollandais en 2005, a voté contre ce texte. Vous remarquerez que les grands médias ont très brièvement donné le résultat, depuis, nous n’en entendons plus du tout parler. [Note de 2013 : Et aujourd’hui, tout le monde a complètement oublié…] Et pour cause. Avec ce refus de l’amendement visant à respecter l’avis du peuple irlandais, on peut légitimement s’attendre à ce qu’ils imposent le traité aux nations dont les parlements ont ratifié le traité. Nous avons entendu les déclarations des différents présidents, de notre président comme quoi il fallait continuer la ratification des traités.

Nous avons vu que le traité de Lisbonne était la copie même du traité constitutionnel, que même nos dirigeants se félicitaient de nous violer en nous l’imposant. Le but de ce traité qu’ils veulent absolument nous imposer est de diminuer les pouvoirs des Etats, et de renforcer les pouvoirs de Bruxelles (intouchable par les peuples, à moins de sortir de l’Europe…).

Dans les institutions européennes, chaque Etat doit nommer un juge. Ce juge sera nommé pour 6 ans, renouvelables ou pas. Chaque juge européen, juges qui ont des pouvoirs extrêmement importants dans les institutions européennes, dépend pour sa carrière de ceux qui les nomment : les exécutifs ! Il n’y a aucune démocratie qui permet un tel mélange des pouvoirs !

C’est-à-dire que les juges, s’ils veulent être renommés pour 6 ans de plus, ils ont intérêt à respecter les choix de l’exécutif qui les nomme pour les sujets importants au moins. Comment se fait-il que ce soit renouvelable et surtout pourquoi n’y-a-t-il pas de débat ?

On devrait interdire cela. C’est au peuple de les empêcher de faire de tels glissements, de tels abus de pouvoirs.

 

Maintenant nous arrivons au point le plus important, il s’est passé quelque chose d’incompréhensible. A chaque fois que j’en parle, je trouve les gens totalement ignorants du sujet alors que c’est sans doute le plus important.

Les institutions européennes ont réussi à faire passer à un niveau qui nous est inaccessible, au niveau constitutionnel,  je rappelle que les traités européens sont au dessus des lois des Etats membres — nous ne pouvons plus revenir sur leur décision sans sortir de l’Europe. Ils ont réussi à interdire aux Etats de créer la monnaie.

En France, jusqu’en 1973, l’Etat pouvait créer de la monnaie en demandant à sa banque centrale. C’est alors qu’ils ont passé une loi qui interdisait à l’Etat de battre la monnaie. Et maintenant, c’est verrouillé définitivement par l’article 104 du traité de Maastricht. Je vous mets cet article ci-dessous :

« Article 104

1. Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

2. Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la BCE, du même traitement que les établissements privés de crédit. »

C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les Etats, les banques centrales n’ont plus le droit de créer de monnaie. Seules les banques privées ont ce droit.

 

Alors, on va me dire que c’est pour empêcher les Etats de trop se servir de la « planche à billet ». Effectivement, il ne faut pas laisser ce pouvoir dans les mains de l’exécutif, il aurait fallu créer un quatrième pouvoir, nous sommes toujours dans l’objectif qu’il faut séparer les pouvoirs, ne l’oublions pas, une démocratie sans séparation des pouvoirs ne peut porter ce nom. L’autre argument qu’on nous ressasse sans cesse est pour limiter l’inflation — En fait, lorsqu’on va augmenter la masse monétaire, la valeur intrinsèque de la monnaie va diminuer proportionnellement à l’augmentation de la masse monétaire, c’est l’inflation. On nous le présente en nous faisant simplement croire que les biens prennent de la valeur alors qu’en fait, c’est la monnaie que nous avons qui en perd, du coup, les prix augmentent… — Mais franchement, avez-vous regardé à quel point les banques privées se servent de la « planche à billet » ?

Tous les ans, la masse monétaire dans la zone euro augmente de 11% ! Ils la font marcher tout le temps. Et puis, vous n’allez pas me dire que l’inflation reviendrait s’il n’y avait plus d’intérêts ! C’est du délire, ne voyez-vous pas l’inflation actuellement ? Chaque mois, on a droit à des inflations record.

Après, il faut prendre en considération ce que cela implique pour l’Etat. Ce dernier ne va plus pouvoir demander à sa banque centrale de créer de la monnaie. Cela signifie que lorsque l’Etat a besoin d’argent pour fabriquer une infrastructure, il va devoir emprunter l’argent à une banque privée. La banque privée n’a pas cet argent. Quand vous faites un prêt, la banque ne détient pas l’argent que vous lui demandez, elle crée l’argent et vous demande des intérêts colossaux en contrepartie.

 

Alors, comment les banques privées peuvent-elles créer de l’argent ?

Je vais me baser en très grande partie sur un écrit d’André-Jacques Holbecq, auteur de plusieurs livres sur le sujet.

Déjà, il faut définir les rôles des différents organismes. Les banques centrales sont responsables de l’émission des pièces et billets (monnaie fiduciaire). Pour donner une idée chiffrée, dans la masse monétaire totale dite M3, les pièces et billets représentent environ 7%. Et environ 16% de la masse monétaire dite M1 (Pièces et billets + dépôts à vue).

Une banque privée ne va pas avoir le droit d’imprimer de billets puisque c’est réservé à la banque centrale. Par contre toutes les banques privées, en tant que ‘banques’, ont le droit exclusif d’émettre du crédit, autrement dit de « faire crédit ».

Si vous croyiez que votre banque se sert de l’argent déposée par d’autres clients pour vous accorder des prêts, vous avez faux, c’est une idée totalement fausse.

Tout l’argent que vous placez sur un DaV (dépôt à vue) est en fait une dette de la banque en envers vous ! A ce titre, elle n’a pas le droit de l’utiliser et encore moins de le prêter. Bien entendu si vous avez signé un contrat sur lequel est stipulé qu’elle a le droit d’en disposer, elle pourra le placer sur la bourse par exemple.

A partir de là, je pense qu’il est mieux que je cite tout simplement l’écrit d’A-J Holbecq qui explique parfaitement le principe de fonctionnement.

 

« Comme disait Napoléon, un cours croquis vaut mieux qu’un long discours, alors prenez un stylo et un bout de papier, tracez deux rectangles l’un à côté de l’autre. En haut du premier écrivez «Banque», en haut du second, écrivez «Emprunteur»… et tracez un trait vertical au centre de chaque rectangle. A gauche de ce trait vous écrivez «actif» et à droite «passif».

Supposons une entreprise ou un particulier qui veut emprunter 100 000 € auprès d’une banque. Bien sûr, les «règles prudentielles» imposent au banquier de prendre ses précaution, car s’il émet, nous allons voir comment, de la monnaie qui va se retrouver dans le circuit économique ou financier, c’est-à-dire augmenter la masse monétaire, il faut qu’il puisse «détruire» à un moment ou un autre cette monnaie pour rééquilibrer son bilan. Le banquier va donc demander à l’emprunteur une hypothèque, un nantissement, une assurance, la caution d’une personne solvable, etc., tout ce qui lui permet d’éviter qu’il ne puisse pas «effacer» la dette à cause d’un défaut de remboursement. Accessoirement (mais c’est le plus important de l’histoire), il va vous demander en plus des intérêts qu’il ne va pas vous prêter lui-même (ça n’aurait pas de sens pour lui) et que l’emprunteur va donc devoir trouver par d’autres moyens (vente, épargne, salaires, etc.) auprès d’autres détenteurs de monnaie.

Le mécanisme de la création monétaire se réalise par un accroissement simultané de l’actif et du passif de la banque que vous allez représenter sur votre croquis:

Dans le premier rectangle, celui de la banque, à l’actif de votre bilan de banque vous écrivez le crédit (100 000 €) et au passif vous écrivez 100 000 € en «dépôt à vue» (c’est le compte courant de votre emprunteur).

Sur le compte de l’emprunteur dans votre établissement (écrivez-le dans le second rectangle) vous aurez en actif «avoir à la banque» 100 000 €, et en passif sa dette de 100 000 €

Vous devriez maintenant obtenir quelque chose comme cela…

Description: D:\Users\Beren\Desktop\to read\andrejacquesholb_fichiers\bilanbanque.png

Votre comptabilité de banquier est équilibrée: la monnaie ainsi créée est donc concrétisée par une inscription au compte (dépôts à vue) du client emprunteur et figure au passif de votre bilan bancaire. La contrepartie correspond à l’actif de votre banque par la création d’une créance sur le client emprunteur (l’acte de prêt). Le remboursement du crédit aboutira, de façon symétrique, à une destruction de monnaie en diminuant à la fois l’actif et le passif du bilan bancaire. La masse monétaire, constitué essentiellement par la monnaie scripturale, s’accroît donc lorsque les flux de remboursement (un «écoulement») sont inférieurs aux flux des crédits nouveaux (un «remplissage»), et l’inverse.

Dès que le crédit est inscrit au passif de la banque et crédité au nom de l’emprunteur, celui-ci pourra bien évidemment s’en servir comme il l’entend, payer ses fournisseurs, émettre des chèques ou des virements et sortir des espèces que ce soit directement au guichet ou dans un distributeur de cartes de crédits (très mal nommées; il s’agit de cartes de paiement électroniques, même si les débits peuvent n’être effectifs qu’en fin de mois). Le dépôt à vue diminuera d’autant et de la même manière que «l’avoir à la banque», par contre l’actif de la banque restera identique au passif de l’emprunteur.

Très vite une partie de cette monnaie se retrouvera sur d’autres comptes dans d’autres banques.

Au vu de ce qui précède on pourrait penser que le pouvoir de création monétaire d’une banque spécifique est illimité, si elle a de la «demande de crédit solvable».

Mais le système bancaire est composé d’une multiplicité d’établissements, ce qui a pour conséquence que le pouvoir de création monétaire d’une banque spécifique n’est pas illimité car les banques doivent répondre aux demandes de retrait de billets et assurer la conversion de monnaie scripturale en billets, suivant la demande de ses propres clients, mais également des clients des autres banques. Cette conversion a reçu un nom: ce sont les «fuites».

C’est quoi «les fuites», pourrez-vous me demander de préciser?

Supposons qu’une banque crée de la monnaie scripturale à hauteur de 1 000 € à la suite d’un crédit accordé à un particulier et crédite donc le compte de celui-ci. Ce dernier décide ensuite de convertir ce nouvel avoir sur son compte, en billets pour un montant de 200 €. La banque subit une «fuite» de 200 € correspondant aux billets qu’elle doit se procurer soit auprès de ses collègues, soit auprès de la Banque centrale. Dans les deux cas, c’est son compte à la Banque centrale qui est débité d’autant. Parenthèse: les «refinancements» dont on vous a tellement parlé en août et septembre, ce sont simplement des prêts (en général à court terme) de la Banque centrale aux banquiers commerciaux qui ont quelques difficultés à trouver cette monnaie centrale sur le marché monétaire par manque de confiance de leurs collègues («ce cher ami n’aurait-il pas proposé trop de crédits à des sociétés devenant insolvables?»). Bien évidemment la Banque centrale fait payer un intérêt aux banques commerciales et prends des escomptes en garanties… tant que la banque commerciale peut offrir ces garanties, tout va bien!

Reprenons: à la suite de ces opérations, la création de monnaie scripturale inscrite au passif de la banque n’est plus que de 800 €, mais la masse monétaire dans son ensemble (billets et dépôts à vue) a bien augmenté de 1 000 €.

En résumé, la monnaie fiduciaire est émise par la Banque centrale (parfois qualifiée d’institut d’émission): cette monnaie centrale est émise principalement sous la forme de billets. Les banques commerciales ont le monopole de la création de monnaie scripturale sous forme d’avoirs matérialisés par une inscription dans les comptes bancaires (dont les principaux instruments de circulation sont des chèques et les cartes bancaires). Ce privilège est accordé aux établissements qui ont reçu un agrément des autorités et les banques commerciales, pour régler leurs dettes entre elles, sont tenues à l’utilisation de la monnaie centrale, celle de leurs comptes auprès de la Banque centrale. »

 

Vous l’aurez compris, le gros souci de ce système réside dans le fait que ces banques qui créent de la monnaie vont demander des intérêts, intérêts qui doivent être payés avec de la monnaie que cette banque n’aura pas créé. Donc, comme il faut aller créer cette monnaie ailleurs, dans un autre établissement bancaire, cela crée un cercle vicieux dont on ne peut plus sortir. Et l’endettement s’accentue d’années en années, sans aucune issue possible.

Un autre problème, les entreprises n’échappent bien évidemment pas à ce système. Donc, elles vont devoir payer elles aussi des intérêts, le coût des intérêts sera bien entendu répercuté sur le prix du bien produit, ou du service proposé. Plus l’entreprise s’endette, plus elle va monter les prix pour rester dans les bénéfices et ne pas avoir de pertes.

 

 

Revenons à cette loi qui empêche les Etats de créer de la monnaie.

Avant 1973, lorsque l’Etat voulait créer une infrastructure, il créait la monnaie, puis au fur et à mesure des remboursements, par les impôts et autres rentrées d’argent, détruisait cet argent.

Maintenant, lorsqu’un Etat veut construire un édifice, il va emprunter de l’argent, il va demander à une banque privée de créer de l’argent, il va rembourser comme avant, mais en plus de cela, il va devoir payer des intérêts !

Depuis que nous procédons ainsi, depuis 1973, la dette ne cesse d’augmenter, le chômage ne cesse d’augmenter, tout est lié, c’est ce qui ressort de chaque étude du système économique. A cause de ces intérêts, nous sommes ruinés et on nous culpabilise sans arrêt en nous disant qu’il y a un ‘déficit’. Foutaises ! Il n’y a aucun déficit. Ils l’appellent ainsi pour nous culpabiliser.

J’ai été vérifier les derniers chiffres sur le site des finances, si on retire tous les remboursements des intérêts, la France n’est pas en déficit ! Nous sommes ruinés uniquement à cause de l’article 104 de Maastricht (et de la loi de 1973 avant cela pour la France).

A ce propos, on nous a fait voter ce traité en nous ventant uniquement l’euro, avec des publicités d’une ‘débilité’ déconcertante, je ne sais pas si vous vous en souvenez… Jamais on ne nous a parlé de cet article 104, jamais on ne nous a parlé du fait qu’il allait y avoir une hausse des prix de 40% sur les produits alimentaires. On nous a juste dit que c’était bon économiquement pour le pays — comprendre pour les entreprises. Je ne vois pas en quoi les citoyens que nous sommes y ont gagné quoique ce soit. Ou sinon, qu’on m’explique ce qu’on y a gagné ? En particulier pour l’article 104, trouvez-moi un seul argument en sa faveur. En tant que citoyens, nous y perdons sur tous les fronts, il n’existe pas un seul avantage, pas un !

 

Petite parenthèse, regardez pour les chômeurs, on ne leur dit pas que c’est la faute de la société, du système économique. Les entreprises ont reçu les idées comme quoi c’était plus efficace de diminuer le personnel. Ils vont tout faire sous traiter, du coup la qualité du service client diminue. Vous avez tous eu l’occasion d’avoir à traiter avec ces services j’imagine… Donc le fait de diminuer le personnel n’est pas si efficace, puisqu’au final, les clients étant insatisfaits des services ne vont plus venir se fournir chez cette entreprise. Ce principe est adopté seulement parce qu’il augmente les bénéfices à court terme.

Pour en revenir aux chômeurs, on leur dit que c’est leur faute s’ils sont dans cette situation, qu’ils n’étaient pas assez performants, pas assez productifs. Du coup, ils vont redoubler d’efforts. Ils vont se sentir seuls responsables. Ils vont être dociles, ils ne vont pas se révolter, ils vont accepter des salaires plus bas, des conditions de travail plus précaires. C’est dans l’intérêt même des grosses entreprises et des banques de maintenir la pression, de maintenir un certain niveau de chômage. Sans cela, avec tout ce qu’ils sont en train de nous faire, de nous priver de tous nos droits petit à petit, mais cela ferait longtemps que tout le monde serait dans la rue. Il en fallait bien moins, que ce qu’on subit de nos jours, par le passé pour générer des révolutions.

C’est en grande partie à cause des médias, les journalistes professionnels soit disant, cela devrait être eux qui proposent des débats, qui dénoncent tout ce qui se passe. Mais non, il vaut mieux faire des émissions abrutissantes plutôt que de parler de choses importantes qui pourraient tout faire changer. Mais il ne faut pas non plus jeter la pierre sur les journalistes de base. Nous retombons toujours sur le même problème, les médias étant possédés par de grands groupes, ils n’agissent que dans l’intérêt des multinationales. Ils n’agiront jamais dans l’intérêt général, il faut maintenir le public dans l’ignorance pour pouvoir profiter au maximum de ce dernier.

 

Fermons cette parenthèse et revenons à notre article 104 qui interdit les Etats de créer de la monnaie.

Pour vous donner une meilleure idée de l’ampleur des intérêts, il faut savoir que l’impôt sur le revenu rapporte environ 60 milliards d’euros à l’Etat tous les ans. Tous les ans, les intérêts en France s’élèvent environ à 50 milliards d’euros. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que c’est ce qui provoque la ruine. Maintenant, les grands gagnants sont les banques qui gagnent de véritables fortunes en intérêts alors qu’ils ont prêté de l’argent qu’ils n’avaient pas : ainsi au lieu de les payer avec de simples honoraires, on paye une fortune en intérêt. Il suffirait simplement d’interdire les intérêts pour les Etats comme ça a toujours été le cas par le passé et le pays ne serait plus en ‘déficit’. (Evidemment, dans l’idéal, il faut abolir ce système injuste et ignoble des réserves fractionnaires et pas seulement pour les Etats.)

Mais les banques seraient les grandes perdantes, donc évidemment qu’ils ne vont jamais le proposer, ils ont réussi à faire accepter cette loi par les élus qui l’ont accepté on ne sait pourquoi ni comment, ils ne vont pas revenir dessus, c’est au peuple de réagir !

Ce que je disais pour le chômage, il est évident que ça profite aux multinationales, de plus elles sont gênées par les Etats, elles sont contre les Etats. Regardez ce qui se passe au niveau de l’OMC. Les multinationales passent des accords en évitant scrupuleusement les Etats. Petit à petit, ils sont en train d’interdire aux Etats d’interdire, et ce sur tous les points où ils pouvaient contrôler les investissements par les grands acteurs économiques sur leur territoire. Tout cela se fait dans le plus grand secret. Il y a un commissaire chargé de négocier en Europe. Un seul homme qui négocie en secret pour tous les européens. Les parlementaires européens n’ont même pas le droit de savoir ce qui se dit. Ils font ce qu’ils veulent.

Nous retrouvons toujours la même chose au fur et à mesure, tout est fait dans l’intérêt des multinationales et contre les peuples, ce qui est contraire à la démocratie évidemment. Je pense que la plupart d’entre vous ne savaient même pas que cela existait. Les médias ‘oublient’ scrupuleusement de nous en parler. Evidemment, puisqu’ils sont possédés par des multinationales, il en va de même pour tous les médias dans le monde.

S’il n’y avait pas de magouilles, de viole du peuple par le gouvernement, alors qu’on me prouve qu’il y a un débat à ce sujet, qu’on est en train de faire quelque chose pour rendre tout cela plus ‘démocratique’. Si l’on regarde la constitution, tout est fait pour donner de plus en plus de pouvoir aux multinationales, tout !

 

Continuons l’analyse de ce qu’ils veulent nous imposer dans ce « mini » traité de Lisbonne. Il faut l’analyser, cela montre tout ce que « l’élite » veut imposer à la population, c’est extrêmement révélateur de leurs intentions. D’un autre coté, comme nous les laissons faire, comme nous les laissons posséder le pouvoir sans contre pouvoir, c’est normal qu’on arrive à tout cela. C’est pour cela qu’il faut réagir, qu’il faut empêcher ces gens d’avoir la main mise sur le pouvoir.

Personne ou presque n’a relevé la partie 2 du traité. C’est la charte des droits fondamentaux de l’Union. Enfin, j’ai déjà entendu que c’était un point positif… nous allons voir effectivement à quel point il est positif !

La CIG (Conférence InterGouvernementale) a donné dans son projet du 23 juillet un ensemble de déclarations destinées à éclaircir certains points du traité et en particulier de cette partie. Ce sont soit des précisions sur la manière dont elle voit tel ou tel point, soit de simples remarques.

« Les explications qui figurent ci-après ont été établies initialement sous la responsabilité du praesidium de la Convention qui a élaboré la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Elles ont été mises à jour sous la responsabilité du praesidium de la Convention européenne, compte tenu des adaptations apportées au texte de la Charte par ladite Convention (notamment aux articles 51 et 52) et de l’évolution du droit de l’Union. Bien que ces explications n’aient pas en soi de valeur juridique, elles constituent un outil d’interprétation précieux destiné à éclairer les dispositions de la Charte. »

 

Je vous présente des articles de la partie 2 suivis des commentaires. Je précise que tout ce que je cite est tiré de textes officiels que vous retrouverez sans difficulté sur les sites de l’UE. Je ne les ai bien entendu pas modifiés comme vous pourrez le constater en vérifiant par vous-même, ce que je vous conseille de faire tellement c’est choquant. Je vais seulement souligner les propos qui m’ont le plus choqué. Je précise aussi que ce qui m’a fait chercher dans le traité de Lisbonne tout cela est un écrit critiquant le traité constitutionnel de 2005, quelle n’a pas été ma surprise en retrouvant l’intégralité des horreurs, mot pour mot… ce qui signifie qu’ils tiennent vraiment à ce que ce soit ainsi.

 

Article 62 – Droit à la vie
1. Toute personne a droit à la vie.

2. La peine de mort est abolie. Nul ne peut être condamné à une telle peine ni exécuté.

 

Précisions de la CIG :

A) l’article 2, paragraphe 2, de la CEDH:

« La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire:

a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;

b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue;

c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. »

B) l’article 2 du protocole nº 6 annexé à la CEDH:

« Un État peut prévoir dans sa législation la peine de mort pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre; une telle peine ne sera appliquée que dans les cas prévus par cette législation et conformément à ses dispositions … ».

 

En bref, si le peuple veut se rebeller contre la tyrannie qui est en train de s’installer, contre ces institutions totalement antidémocratiques, ils se donnent le droit de vie ou de mort sur les insurgés si j’ai bien compris. Quoique, est-ce que les ‘responsables’ politiques qui n’ont de responsable que le nom ont déjà eu à répondre de meurtres de ce genre dans l’histoire, je ne pense pas.

Ensuite, un ‘danger imminent de guerre’, c’est extrêmement vague, cela signifie qu’en cas de danger de guerre contre le terrorisme par exemple, il y aura des débordements sur les droits de l’homme ? La peine de mort pourrait refaire surface ?

 

Article 63 – Droit à l’intégrité de la personne
1. Toute personne a droit à son intégrité physique et mentale. 2. Dans le cadre de la médecine et de la biologie, doivent notamment être respectés: a) le consentement libre et éclairé de la personne concernée, selon les modalités définies par la loi; b) l’interdiction des pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes; c) l’interdiction de faire du corps humain et de ses parties, en tant que tels, une source de profit; d) l’interdiction du clonage reproductif des êtres humains.

 

Précisions :

2. Les principes contenus dans l’article 3 de la Charte figurent déjà dans la convention sur les droits de l’homme et la biomédecine, adoptée dans le cadre du Conseil de l’Europe (STE 164 et protocole additionnel STE 168). La présente Charte ne vise pas à déroger à ces dispositions et ne prohibe en conséquence que le seul clonage reproductif. Elle n’autorise ni ne prohibe les autres formes de clonage. Elle n’empêche donc aucunement le législateur d’interdire les autres formes de clonages.

 

Donc, toutes les autres utilisations de clonage humain sont possibles et le législateur peut les autoriser…

 

Article 65 – Interdiction de l’esclavage et du travail forcé
1. Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude.2. Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire.3. La traite des êtres humains est interdite.

 

Précisions de la CIG :

Au paragraphe 2, les notions de « travail forcé ou obligatoire » doivent être comprises en tenant compte des définitions « négatives » contenues à l’article 4, paragraphe 3, de la CEDH:

« N’est pas considéré comme « travail forcé ou obligatoire » au sens du présent article:

a) tout travail requis normalement d’une personne soumise à la détention dans les conditions prévues par l’article 5 de la présente Convention, ou durant sa mise en liberté conditionnelle;

b) tout service de caractère militaire ou, dans le cas d’objecteurs de conscience dans les pays où l’objection de conscience est reconnue comme légitime, à un autre service à la place du service militaire obligatoire;

c) tout service requis dans le cas de crises ou de calamités qui menacent la vie ou le bien-être de la communauté;

d) tout travail ou service formant partie des obligations civiques normales« .

 

Il faut toujours qu’ils ajoutent des « sauf si »…

Saviez-vous par exemple que vous pouviez être emprisonné pour une durée indéterminée si vous étiez simplement soupçonné de ‘terrorisme’ et ce sans jugement. Je ne parle même pas de la criminalisation du citoyen pour ses actes au quotidien… plus nous avançons dans le temps et plus il y a de lois répressives et liberticides.

Et que peut-on dire du point c). S’il y a une crise, les travaux forcés feront leur réapparition. Que devons-nous penser de la crise alimentaire mondiale qui se profile à l’horizon d’un ton de plus en plus menaçant ? (Il y a déjà, dans beaucoup de pays comme l’Egypte, des émeutes provoquées par la faim…)

 

Article 66 – Droit à la liberté et à la sûreté
Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté.

 

Précisions de la CIG :

« 1. Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté, sauf dans les cas suivants et selon les voies légales :

(…)

c) s’il a été arrêté et détenu en vue d’être conduit devant l’autorité judiciaire compétente, lorsqu’il y a des raisons plausibles de soupçonner qu’il a commis une infraction ou qu’il y a des motifs raisonnables de croire à la nécessité de l’empêcher de commettre une infraction ou de s’enfuir après l’accomplissement de celle-ci;

(…)

e) s’il s’agit de la détention régulière d’une personne susceptible de propager une maladie contagieuse, d’un aliéné, d’un alcoolique, d’un toxicomane ou d’un vagabond;

(…)

3. Toute personne arrêtée ou détenue, dans les conditions prévues au paragraphe 1.c du présent article, doit être aussitôt traduite devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires et a le droit d’être jugée dans un délai raisonnable, ou libérée pendant la procédure. La mise en liberté peut être subordonnée à une garantie assurant la comparution de l’intéressé à l’audience.

4. Toute personne privée de sa liberté par arrestation ou détention a le droit d’introduire un recours devant un tribunal, afin qu’il statue à bref délai sur la légalité de sa détention et ordonne sa libération si la détention est illégale.

 

Je parlais justement dans le point précédent d’emprisonnement arbitraire, cette fois, on est en plein dedans.

Donc, on peut être arrêté « s’il y a des raisons plausibles de soupçonner », c’est lourd en suppositions.

Après, on voit qu’une personne « contagieuse, aliénée, toxicomane ou vagabonde » peut être arrêtée.

Alors ensuite, nous trouvons des durées totalement vagues, un délai raisonnable, cela correspond à quoi ?

Un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires, cela signifie qu’un ‘juge de proximité’ sans aucune formation judiciaire peut le juger, de même un policier peut remplir cette fonction.

Au final, une détention ne peut être illégale quand on voit toutes les précautions qu’ils viennent de prendre…

 

Article 67 – Respect de la vie privée et familiale
Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications.

 

Précisions :

Conformément à l’article 52, paragraphe 3, ce droit a le même sens et la même portée que ceux de

l’article correspondant de la CEDH. Il en résulte que les limitations susceptibles de leur être

légitimement apportées sont les mêmes que celles tolérées dans le cadre de l’article 8 en question:

« 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa

correspondance.

2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui« .

 

Nous voilà avec la ‘sacro-sainte’ sécurité nationale. Ils l’ont piqué aux USA celle là… On sait qu’aux Etats-Unis justement, ils utilisent ce prétexte pour tous types d’abus…

Ensuite, nous voici plongé dans le film « Minority Report » : ‘A la prévention des infractions pénales’.

De plus, le bien-être économique du pays et la protection de la morale peuvent être protégées en espionnant la vie privée des gens ?

[Note de 2013 : C’est officiel depuis quelques temps, vous avez sans doute vu que facebook, google, yahoo et les autres gros sites hébergeants les données personnelles des utilisateurs fournissent toutes vos informations à la NSA entre autre. Ils ne laissent plus de faille de sécurité afin qu’ils puissent y accéder, ils rendent simplement le tout disponible. Ils ont ainsi accès à tout à votre propos : tout ce que vous avez mis sur ces sites, y compris vos mots de passe… En somme, ils ont libre accès à tout ce que vous faites. Par la suite, cela a été nié par certains groupes, mais quand on regarde la loi à ce sujet, il est écrit qu’ils étaient tenus de mentir au public à ce sujet. Autrement dit, en le niant, ils respectaient la loi. Et si la loi le prévoit… C’est évident qu’ils l’utilisent. Ils veulent toujours plus de pouvoir, toujours contrôler plus de choses, là ils ont le droit légalement et les groupes qui leur fournissent ces données doivent les protéger en le cachant au public ! Comment pourrait-on imaginer une seconde qu’ils ne seraient pas en train d’utiliser ce pouvoir à leur disposition ?]

 

Article 71 – Liberté d’expression et d’information
1. Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontières. 2. La liberté des médias et leur pluralisme sont respectés.

 

Précisions :

2. L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire ».

 

Je vous ai fait grâce de l’article précédent sur la liberté de pensée, de conscience et de religion qui dispose exactement du même commentaire. On retrouve aussi le même commentaire pour les réunions et association.

Nous retrouvons comme toujours la « sécurité nationale, prévention du crime, etc.. »

C’est bien ce que je disais, sous prétexte de ‘sécurité nationale’, nous n’avons plus aucun droit…

C’est à vomir… Ces textes ne choquent apparemment personne. Ils se trouvent pourtant sur les différents sites des différentes institutions européennes depuis 2005 sans que personne ne les relève ou du moins sans que cela ne pose le moindre problème, c’est devenu ‘acceptable’ visiblement de n’avoir plus aucun droit, d’être un simple esclave du système.

 

Nous vivons dans un système totalement antidémocratique, le peuple n’a plus aucun pouvoir, il est écrasé par les gouvernements pilotés par les intérêts économiques des multinationales. Ils se sentent tellement supérieurs à la population qu’ils se donnent le droit d’écrire les règles qui limitent leur propre pouvoir.

 

[Note de juin 2016 : Et maintenant, presque 10 ans après l’écriture de cet article, nous voyons tous comment tout est en train de déraper totalement, entre l’état d’urgence reconduit sans aucune raison valable, des lois liberticides à la pelle, des reculs énormes au niveau social, l’imposition de la « loi travail », rejetée par la majorité de la population, sous couvert de 49.3, violences des forces policières quotidiennes pour empêcher le peuple de manifester son opposition à ces lois, aggravation de la précarité et augmentation du fossé entre les classes riches ayant du pouvoir, qui se donnent toujours plus de privilèges, et les autres, le reste du peuple… qui continueront à devenir de plus en plus pauvres… C’est la conséquence de vivre sous une oligarchie qui s’octroie chaque année plus de pouvoir sur le peuple, toujours manipulé par les médias. Heureusement depuis, les réseaux sociaux auront eu une utilité : permettre de diffuser à la masse des faits non censurées par les médias qui peuvent ainsi compter des centaines de milliers voire des millions de vues.

Mais est-ce que le peuple finira par remettre en question le système oligarchique en place qui est la cause d’à peu près tous leurs problèmes d’une façon ou d’une autre ? Et qu’aujourd’hui, il serait aisé de mettre en place des alternatives à un gouvernement oligarchique, grâce à internet, où le peuple serait réellement au pouvoir pour lui-même, la définition de démocratie, et non pas l’esclave d’une caste politique qui n’a aucunement le meilleur intérêt du peuple en tête… Mais seulement le leur, aux dépens du peuple qu’ils sont censés servir… Pas l’inverse !]

 

 

Liens :

Textes officiels :

Traité de Lisbonne : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/cg00014.fr07.pdf

Acte final : http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/cg00015.fr07.pdf

Explications relatives à la Charte des Droits fondamentaux: http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/sn04630.fr07.pdf

Traité de Maastricht : http://eur-lex.europa.eu/fr/treaties/dat/11992M/htm/11992M.html

 

Autres liens intéressants (édité avec de nouveaux liens car les anciens n’étaient plus valides depuis toutes ces années) :

Amendement pour le respect du choix du peuple irlandais : http://29mai.eu/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=82&Itemid=3

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