La preuve par le nombre.

Beaucoup connaissent, mais c’est tout de même intéressant d’en parler je pense.

Voici l’expérience de Asch. C’est une expérience très connue en psychologie, enfin peut-être pas par son nom, mais beaucoup vont se dire « Ah, elle s’appelle ainsi ! » en regardant ci-dessous.

Regardez cette image :

Description: C:\Users\Beren\Desktop\270px-Asch_experiment.png

Maintenant, si je vous demande comme ça de me dire à quelle barre correspond la barre de gauche…

J’espère que tout le monde me dira « C ». Vous êtes seul devant votre écran et vous avez raison bien entendu.

Oui, mais si vous étiez dans une salle remplie, que vous voyiez les autres à l’unanimité dire « A ». Que se passe-t-il sur le moment ? Allez-vous être persuadés d’avoir tout de même raison ou alors allez-vous vous dire que si tout le monde le voit différemment, alors peut-être qu’il y a un problème avec vous, un problème de vue par exemple ?

C’est la preuve par le nombre. (Pour les comportements quotidiens, j’en parlerai de temps en temps sur le blog en parlant du « principe de preuve sociale ».)

Il s’agit d’observer la difficulté à assumer une idée qui est évidente mais qui, par le poids du nombre et aussi forte soit la conviction, pourra être rejetée au profit de celle communément admise. (Il existe évidemment des exceptions ou des domaines où on ne pense pas que ce soit ce principe qui agisse : je pense qu’à peu près tout le monde est concerné par ce principe.)

Il faut garder cela en tête à propos de tout, dans tous les domaines, tout le temps ! La preuve par le nombre n’est pas une preuve.

Voici un exemple d’application de ce principe pour manipuler la population :

D’après les retours que j’en ai eus, vous êtes nombreux à avoir lu mon article sur le SIDA/VIH. Vous savez maintenant que les postulats de Koch ne sont pas remplis, que cela n’a jamais été prouvé, qu’il ne s’agit pas d’un virus de ce fait ! Pourtant, officiellement, il y a eu la « Déclaration de Durban ». Dans les années 2000, plus de 5000 médecins et chercheurs ont signé cette déclaration. Dedans, ils disaient affirmer que les preuves que le VIH cause le SIDA sont claires, exhaustives et non équivoques ! Or, il ne répond pas au postulats de Koch déjà pour commencer, sans même parler des autres problèmes !

Ainsi, par la force du nombre, ils ont fait taire la contestation de la responsabilité du VIH dans le SIDA par les autres médecins et chercheurs… Ils n’ont rien eu à prouver, ils n’ont rien démontré, ils se sont contentés de dire « nous vous demandons de vous taire et d’accepter notre version bien qu’elle ne soit pas prouvée, simplement parce que nous sommes plus nombreux que vous à le dire ».

 

Ce type de manipulation se retrouve dans tous les domaines. Jamais une chose fausse ne deviendra vraie parce que suffisamment de gens diront qu’elle est vraie ! Non, elle sera fausse.

Certains seront sans doute surpris de savoir que la science actuelle fonctionne selon ce principe : il s’agit du système de « peer review ». Autrement dit, pour qu’une recherche puisse être publiée et donc rendue accessible, il faut qu’elle soit acceptée par une partie de la communauté. Ainsi, même si une chose est prouvée, si elle ne correspond pas à la vision conventionnelle des choses ou si elle dérange car elle remettrait trop de choses en questions, elle est rejetée, purement et simplement. Et les citoyens ordinaires comme vous et moi n'en savent rien. (Sauf quand les auteurs sont extrêmement persévérants et décident d'écrire un livre pour en témoigner par exemple.)

Et vous avez ici la raison pour laquelle il n’y a eu strictement aucune avancée en physique fondamentale depuis plus de 50 ans ! Ce n’est pas parce que nous avons tout découvert, nous en sommes très loin, et il faudrait être sacrément prétentieux pour croire tout savoir sur l’univers. C’est simplement le fait que tout ce qui dévie trop de la pensée unique ne parvient jamais au stade de la publication. Pire, les chercheurs voient leurs fonds de recherche retirés, certains se font écarter du milieu, se voient être refusés à des postes dans des universités car ils n’adhèrent pas à des théories qu’ils savent fausses et ils refusent de se plier au nombre… (Ou par exemple, je ne sais pas si vous le saviez, mais pour travailler à la NASA, il faut adhérer à la théorie du big bang. Si le scientifique n’y adhère pas, il sera remercié.)

Résultat : nous sommes dans l’immobilisme en sciences, dans toutes les sciences. Tout est bloqué à cause de ce système de « peer review », le principe de la preuve par le nombre, une forme de censure des nouvelles idées.

Je ne sais pas si ce que je viens d’énoncer paraîtra logique au plus grand nombre, j’imagine que non. Toutefois, personne ne pourra réfuter le fait que l’expérience de Asch ne soit plus à démontrer. Alors pourquoi ne pas faire des liens avec les autres domaines où ce type de fonctionnement dans le comportement humain a une certaine influence ! C’est du bon sens pourtant il me semble.

2 réflexions au sujet de « La preuve par le nombre. »

  1. superjoker

    Bonjour Arnaud

    Je viens de faire un tour sur ce blog braiment interessant et réfléchis et je tenais à t'en feliciter.

     

    L'experience de Ache met en exergue le conformisme avant tout , ne même plus suivre son instant pour ne pas se sentir different.

     

    Des centaines de choe pourraient etre dites mais je ne vais pas m'etendre ici ^^

     

    à bientot 

     

    Joker

    Répondre

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