Impact de la société de consommation sur les relations sociales.

De nos jours, en dehors de très rares personnes avec qui il est possible de discuter de choses qui vont pourtant avoir un impact direct sur le quotidien, l’immense majorité de la population n’a que faire de ce genre de sujet. (Et puis « lire », quelle activité barbante voyons !)

Je pourrais reprendre le commentaire de Jérémy sur l’article d’introduction au site, avec l’extrait audio qu’il a joint (http://blog.arnaud-p.fr/bon-sens-esprit-critique-coherence/#comments  — à vrai dire, c’est son commentaire qui m’a inspiré à écrire ce soir). Il s’agit d’un extrait des « guignols de l’info » qui a pourtant été écouté par des millions de gens… qui y ont probablement ri comme il l’a souligné. Et pourtant… pourtant ils ne se rendent pas compte qu’ils font justement partie de la catégorie qui va rejeter ceux qui ne vont pas faire comme le plus grand nombre. Et ils vont justifier leurs choix en disant simplement : « Les autres le font aussi ! ». Comme si cela suffisait comme justification. « Les autres consomment sans réfléchir, achètent des choses dont ils n’ont pas besoin tout simplement parce qu’ils le peuvent, peu importe les conséquences sur l’état du monde (esclavage appelé « main d’œuvre bon marché » dans certains pays où les usines ont été délocalisées, pollution, épuisement des ressources naturelles — pour ne citer que les principales), alors c’est normal que moi aussi j’achète toutes ces choses qui ne me servent à rien. »

 

Je vous invite à lire l'article de la preuve par le nombre à ce propos : http://blog.arnaud-p.fr/la-preuve-par-le-nombre/

(Pour être honnête, je l'avais d'abord rédigé ici, puis je me suis dit que ça n'avait pas sa place avec les billets d'humeur, alors j'en ai fait un article séparé.)

 

J’en reviens maintenant au comportement individuel des gens et au fait que beaucoup n’ont que faire de ce genre de sujet. Ils ne se rendent pas compte qu’ils préfèrent des choses frivoles à d’autres qui pourraient très certainement davantage les intéresser, ou du moins qui pourraient leur apporter davantage de choses.

Pour les hommes, nous retrouvons en tête bien évidemment le foot…, dont ils sont de véritables spécialistes, incollables sur les parcours professionnels de leurs idoles.

Pour les femmes, c’est plus varié sans doute, souvent c’est à propos des histoires de couple des personnalités médiatiques.

C’est réellement impressionnant de voir des gens connaître mieux la vie de leur idole que la vie de leurs amis, voire que de la leur dans certains cas.

Dans tous les cas, on trouve des gens qui vont donner parfois plus d’importance à savoir ce qui se passe dans la vie de personnes qu’ils ne connaîtront jamais plutôt que de s’intéresser aux gens qui sont autour d’eux !

A cela, il faut ajouter les émissions de « télé-réalité », les émissions de divertissement. Avez-vous seulement déjà observé le niveau intellectuel des spectateurs sur les différents plateaux ? Bien que je n’aime pas utiliser ce terme (et j’expliquerai de quoi il en retourne dans un prochain article), je n’en ai pas d’autre, alors… Il me semble en tout cas que le « QI » des personnes présentes dans ce genre d’émission ne dépasse que rarement la température ambiante de la salle (en degrés fahrenheits, car il ne faut pas non plus trop exagérer). Il s’agit ici d’une observation qui fera sans doute crisser quelques dents. Mais vous n’allez quand même pas me dire que les émissions comme « secret story » sont réputées pour être des émissions un tant soit peu « intellectuelle » ?! (Et je ne parlerai pas ici du fait qu’en plus tout est manipulé lors du montage vidéo et qu’ils font dire ce qu’ils veulent aux participants de l’émission… Pratique qu’on retrouve malheureusement partout dans le domaine télévisuel…)

A noter ici que l’amalgame est souvent fait entre intellectuel et barbant : c’est absurde ! C’est présenté de cette façon dans les médias télévisés dans un but précis, il faut attirer le regard de la population sur des choses sans le moindre intérêt, qui n’auront aucun impact sur leur vie ou leur quotidien, le tout afin de les distraire et de détourner leur regard des choses que les personnes au pouvoir sont réellement en train de faire pendant ce temps.

« Panem et circenses » ! Du pain et des jeux.

A l’époque de Rome, c’était dans le but de s’attirer les bonnes faveurs du peuple. Il est triste de voir qu’il en est toujours de même aujourd’hui même s’il y a eu une adaptation au monde actuel évidemment et que c’est moins « direct ». Toutefois le principe fondamental demeure le même.

 

A partir de là, je peux sauter sur un premier point désolant de cette société de consommation : l’impact sur les relations sentimentales, les couples.

Avez-vous remarqué à quel point une grande partie des gens en couple ne communiquent en fait tout simplement pas ?

Forcément, c’est plus simple de chercher la superficialité, la simplicité. Ainsi, à notre époque, les gens se mettent en couple selon des motifs anodins, le plus souvent simplement par rapport au physique. Mais dès que les choses se compliquent, car bien évidemment une personne ne se résume pas à son physique, alors là, il y a comme un mur infranchissable pour la plupart. Par la suite, ils ne cherchent pas à apprendre à communiquer, à connaître l’autre, non ! A la place, ils vont choisir de passer à autre chose, mais exactement de la même façon ! C’est-à-dire qu’à nouveau, ils se retrouveront devant un mur le jour où les choses se compliqueront et comme ils n’auront jamais appris à communiquer, à s’écouter les uns et les autres, à surmonter des problèmes ensembles, ils se sépareront à nouveau et ainsi de suite.

Et il est possible de faire un lien direct avec la société de consommation : il faut tout avoir tout de suite, sans avoir à fournir le moindre effort. Mauvaise nouvelle pour ces gens-là : cela ne fonctionne pas ainsi pour les relations !

S’il n’y a aucun effort fourni, cela finira forcément par échouer. C’est inéluctable.

De plus, comme avec le reste de la société de consommation, il se trouve qu’une autre conséquence est la multiplication du nombre au détriment de la qualité. Puisqu’il n’y a pas d’efforts pour créer quelque chose de « meilleur », mais un contentement dans le fait de l’obtenir de suite, rapidement, simplement.

A ce propos, je trouve cela absurde et contre-productif et j'avais lu une métaphore qui m'avait beaucoup plue sur un forum un jour à ce sujet. La personne prenait l'exemple d'une cuisine.

Elle disait qu'elle avait son ancienne cuisine, alors oui il y a des tiroirs de travers, quelques fissures ici et là. Mais sa cuisine, elle la connait, elle y est à l'aise. Quand elle cherche quelque chose, elle le trouve directement, facilement. Et puis tous ces petits défauts, ils font partie aujourd'hui du quotidien, elle les apprécie, ils donnent un petit quelque chose en plus à sa cuisine. Et puis comme elle y est à l'aise, elle réussi ses plats, elle connait les réglages !

Par contre, lorsqu'il faut en changer, alors oui, c'est tout neuf, il n'y a plus les fissures, tout est droit (sauf si ça vient d'un magasin comme ikéa, mais ça c'est un autre problème). Seulement, elle s'y cogne sans arrêt, les angles ne sont pas aux mêmes endroits, elle doit chercher où sont les choses, apprendre à nouveau à la connaître. Et les premières recettes testées produisent des résultats souvent dont on ne se vante pas auprès des autres.

Alors voilà, imaginez maintenant pour ceux qui communiquent peu ou pas du tout. Ils enchaînent les relations où ils ne prennent pas la peine d'apprendre à éviter les angles, où ils ne prennent pas la peine de chercher à apprécier ces petits défauts, ni à savoir où sont placées les choses…

A votre avis dans ces conditions, vont-ils un jour pouvoir vraiment apprécier une cuisine (une personne) pour ce qu'elle est vraiment ?

 

Du moins, c’est à mon avis une des principales causes de séparation des couples.

(Attention, je parle des gens qui décident de rechercher un partenaire et de se mettre en couple, car certaines personnes choisissent de vivre seules et il faut respecter leur choix bien entendu. Je ne dis pas non plus qu’avec des efforts n’importe quelle relation fonctionnerait, certaines personnes ne sont vraiment pas faites pour être ensembles, on pourrait dire qu’il faut un minimum d’atomes crochus tout de même. Mais cela se voit et se ressent rapidement en général. Aussi, encore faut-il vouloir être dans une relation pour les bonnes raisons, mais là je m’égare du sujet.)

 

Malheureusement, on retrouve ce principe à tous les niveaux sociaux.

Je parlais des relations sentimentales, mais pour les relations amicales, c’est exactement la même chose. Il suffit de regarder facebook pour s’en rendre compte. Ainsi, il n’est pas rare de voir des gens avoir des milliers et des milliers « d’amis ».

J’aimerais bien qu’on m’explique comment il serait possible, même à l’échelle d’une vie, de pouvoir développer autant d’amitiés. La réalité est que les gens ont des milliers de contacts, mais ils n’en connaissent aucun réellement, ils ne doivent même pas discuter avec la majorité. Ce ne sont que des relations superficielles où chacun va exposer sa vie en public, ruinant le plus souvent son image aux yeux des autres. Car il faut voir ce que certains vont poster ! Parfois, cela fait vraiment peur.

Combien de gens aujourd’hui peuvent dire qu’ils ont de « vrais » amis ? Ou au moins un ?!

A votre avis, il vaut mieux avoir un ami qui pourra compter sur nous et sur qui on pourra compter, ou bien deux cents inconnus avec lesquels on entretient uniquement des relations superficielles ou inexistantes ?

C’est pourtant évident que plus on a de contacts et moins on aura de temps disponible pour chaque contact : une journée a une durée fixe, 24 heures et pas une de plus.

Mais dans le monde du jetable, du remplaçable, du consommable à outrance, il est plus simple d’avoir une centaine de contacts remplaçables plutôt que d’entretenir une seule véritable amitié. Amitié qui leur apporterait pourtant plus que ce que ne pourront jamais apporter ces centaines de contacts qu’il leur sera impossible de réellement connaître et avec qui ils ne partageront rien de bien profond.

Autrement, cela s’entretient une amitié, cela demande des petits efforts parfois (bien que certains diront que cela devrait être un plaisir d’être là pour l’autre !) : impensable pour la société actuelle.

 

Et en parlant d’efforts, que dire du niveau de réflexion ? Je parlais de voir ce que certains postent sur facebook, mais est-ce étonnant en sachant qu’une de leurs principales activités se retrouve parmi celles citées en début d’article ?

De plus, depuis l’apparition des réseaux sociaux, il y a cette véritable « course » à celui qui en aura le plus : au meilleur consommateur de relations « amicales ». Le tout est alors jugé par les autres comme preuve de « réussite » sociale.

Une personne ayant peu « d’amis » sera jugée ayant échoué socialement, tandis qu’une personne qui aura des milliers « d’amis » sera jugée « branchée », comme ayant parfaitement réussi sa vie sociale.

(Et c’est sans parler du fait que tout est théâtral sur ces réseaux sociaux. Les gens manipulent les informations qu’ils y postent pour faire croire qu’ils sont heureux, ont des vies meilleures que les autres alors qu’ils sont bien souvent coincés dans la même routine que la plupart. Tous font pareil selon le principe de preuve sociale ou pour ne pas être exclus. Résultat, tous se sentent mal de voir qu’ils ont l’air moins heureux au fond que les autres. Alors qu'ils n'ont aucune raison de se sentir mal pour cela ! Au final à peu près tout le monde est dans le même panier.)

Pour en revenir au jugement de « réussite », est-il bon de faire le lien entre quantité et réussite ?

Ne devrait-on pas plutôt faire le lien entre qualité et réussite ?

Ou alors tout simplement ne pas définir de normes de « réussite » car cela pousse forcément à l’exclusion de certains, à de la jalousie, à des discriminations…

Pourquoi est-ce si difficile pour l’être humain d’accepter son prochain, de faire des efforts ?

C’est pourtant évident qu’il ne peut y avoir que des gagnants lorsque des efforts sont faits ! Soit cela améliorera la chose par rapport à laquelle les efforts sont produits, soit cela nous permettra d’avancer sur le plan personnel. Chercher à mieux comprendre les autres peut souvent permettre de mieux se comprendre soi-même. Et qui ne souhaiterait pas cela ?

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